Un drame secoue la commune de Châtonnay, en Isère. Joris Laurencin, âgé de 21 ans, a mis fin à ses jours le 13 juillet dernier. Selon son entourage, le jeune homme subissait depuis plusieurs mois des humiliations et des propos racistes répétés. Sa famille a porté plainte et lancé un appel à témoins sur les réseaux sociaux, dans l’espoir de recueillir des informations sur une soirée au cours de laquelle il aurait été particulièrement ciblé.

Les proches de la victime rapportent que Joris Laurencin était régulièrement insulté avec des termes comme « Algérien paysan » ou « bougnoule, t’as rien à faire là ». Ces injures, proférées lors de rassemblements locaux, auraient provoqué un profond mal-être chez le jeune homme. Sa mère, interrogée par des médias, a confié que son fils « n’en pouvait plus de ces attaques » et qu’il se sentait rejeté par une partie de son village.

Une enquête judiciaire ouverte

Le parquet de Vienne a confirmé avoir ouvert une information judiciaire pour « harcèlement moral et provocation au suicide ». Une seconde enquête, diligentée par les gendarmes, vise à déterminer les circonstances exactes des faits et à identifier les auteurs présumés des insultes. Les investigations se concentrent notamment sur une soirée organisée quelques jours avant le suicide, où Joris Laurencin aurait été la cible de propos particulièrement violents.

Appel à témoins sur les réseaux sociaux

Ne pouvant obtenir des réponses par les voies officielles, la famille a décidé de rendre publique l’affaire. Un message, partagé massivement, demande à toute personne ayant assisté à cette soirée ou détenant des enregistrements de témoigner. « Nous cherchons des preuves pour que justice soit faite. Notre fils mérite que la vérité éclate », a déclaré sa mère dans une publication. L’appel a été relayé par des associations de lutte contre les discriminations.

Des précédents dans la région

Ce drame rappelle d’autres affaires où des jeunes ont été poussés au suicide après un harcèlement à caractère raciste. En 2020, une enquête similaire avait été ouverte en Rhône-Alpes après la mort d’un adolescent victime d’insultes xénophobes. Les associations appellent à une prise de conscience sur la banalisation de ces propos dans les zones rurales.

Les prochaines étapes

Les investigations se poursuivent. La famille attend désormais que les témoins se manifestent auprès des enquêteurs. Le parquet de Vienne n’a pas communiqué de délai pour les premières conclusions. En attendant, les proches de Joris Laurencin espèrent que son histoire ne restera pas sans suite et que les responsables seront identifiés et sanctionnés.