L'état-major israélien a annoncé, par un communiqué publié sur le réseau social X, que ses forces « ont franchi le Litani et étendu leurs opérations contre des cibles du Hezbollah au nord du fleuve ». Cette déclaration constitue une escalade significative du conflit qui oppose l'armée israélienne au Hezbollah libanais depuis plusieurs semaines.

Le fleuve Litani, qui coule à environ 30 kilomètres au nord de la frontière israélo-libanaise, a longtemps été présenté par les responsables israéliens comme une ligne rouge à ne pas franchir, de peur d'un élargissement du conflit. Sa traversée par l'armée israélienne marque donc un tournant dans les opérations militaires.

Le Premier ministre Benyamin Netanyahou avait précédemment indiqué que l'armée étendrait ses actions au-delà des zones frontalières, sans préciser le moment exact. Cette nouvelle étape intervient alors que les affrontements avec le Hezbollah se sont intensifiés, avec des tirs de roquettes et de missiles de part et d'autre de la frontière.

Selon des sources militaires, l'élargissement des opérations vise à démanteler les infrastructures du Hezbollah situées dans le sud du Liban, notamment des sites de lancement de roquettes à longue portée. Le franchissement du Litani permet aux forces israéliennes d'atteindre des positions jusqu'alors hors de portée de leurs incursions terrestres.

Des témoins libanais font état de détonations et de mouvements de troupes dans plusieurs villages situés au nord du fleuve. Les autorités libanaises, par le biais de leur ministre des Affaires étrangères, ont condamné cette incursion, la qualifiant de « violation flagrante de la souveraineté nationale » et ont annoncé qu'elles allaient saisir le Conseil de sécurité des Nations unies.

De son côté, le Hezbollah n'a pas encore réagi officiellement à l'annonce israélienne, mais des sources proches du mouvement ont indiqué que ses combattants se préparaient à une confrontation élargie. Dans un discours retransmis à la télévision, un responsable du Hezbollah avait récemment averti que toute avancée de l'armée israélienne au nord du Litani serait perçue comme une « ligne rouge » et provoquerait une riposte « sévère ».

Sur le plan diplomatique, les États-Unis ont appelé à la retenue et réitéré leur soutien à la sécurité d'Israël, tout en soulignant l'importance de préserver la stabilité au Liban. La France a également exprimé sa vive préoccupation et demandé une réunion d'urgence du Conseil de sécurité des Nations unies.

Cette nouvelle phase du conflit survient dans un contexte régional tendu, marqué par la guerre en cours à Gaza et des tensions accrues entre Israël et l'Iran. L'extension des opérations au Liban pourrait ouvrir un nouveau front et compliquer davantage les efforts de médiation internationaux.

L'armée israélienne n'a pas communiqué de bilan précis des opérations en cours, mais a indiqué qu'elle continuait à « agir pour éliminer les menaces » contre les populations civiles du nord d'Israël, qui sont régulièrement visées par des tirs de roquettes depuis le Liban.