Jérusalem — Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a affirmé lundi que les forces de l'État hébreu se maintiendraient « indéfiniment » dans les territoires occupés au Liban, en Syrie et dans la bande de Gaza. Cette déclaration intervient au lendemain de l'annonce d'un mémorandum de compréhension entre Washington et Téhéran visant à mettre fin aux hostilités sur tous les fronts.
Lors d’une conférence de presse, M. Katz a précisé qu'Israël n’avait pas l’intention de se retirer des zones qu’il contrôle, y compris la « zone de sécurité » établie dans le sud du Liban, qui s'étend au-delà du fleuve Litani. Il a également menacé de riposter avec une « grande force » si l'Iran devait lancer des attaques en représailles aux frappes israéliennes au Liban.
Un accord déjà fragilisé
Le mémorandum de compréhension, négocié avec la médiation du Pakistan, prévoit la cessation immédiate et permanente des opérations militaires sur tous les théâtres, y compris au Liban. Sa signature est prévue vendredi en Suisse. Cependant, les déclarations du ministre israélien jettent une ombre sur sa mise en œuvre.
Le Premier ministre Benyamin Netanyahou avait déjà indiqué, plus tôt dans la journée, qu'il ne se sentait pas lié par l'accord américano-iranien. « La lutte n'est pas terminée », a-t-il déclaré, défendant la nécessité de poursuivre les actions contre les « bras armés de l'Iran ». Il a reconnu ne pas s'accorder en tout point avec le président américain Donald Trump, mais a assuré agir dans l'intérêt sécuritaire d'Israël.
Des opérations militaires étendues
Depuis le déclenchement de la guerre avec l'Iran fin février, Israël a considérablement élargi ses opérations terrestres. Les forces israéliennes ont mené une invasion du Liban, occupant une bande d'environ 570 kilomètres carrés. Des frappes ont visé des positions du Hezbollah jusqu'à Beyrouth et sa banlieue sud. Dimanche, une frappe israélienne dans la banlieue de la capitale libanaise a fait trois morts, un acte qui avait failli faire capoter les négociations. Selon les autorités libanaises, plus de 3 700 personnes ont péri dans les affrontements entre Israël et le Hezbollah depuis le début du conflit. Côté israélien, au moins 30 personnes ont été tuées.
En Syrie et dans la bande de Gaza, où Israël contrôle environ 1 000 kilomètres carrés de territoire, la présence militaire est également maintenue. Au total, la superficie occupée par Israël dans ces trois pays est légèrement inférieure à celle de New York.
Des divergences entre alliés
La position d'Israël a provoqué des tensions avec les États-Unis. Le président Trump aurait exprimé son mécontentement après le bombardement de Beyrouth, craignant qu'il ne compromette l'avancée des pourparlers. Malgré ces divergences, le mémorandum a été finalisé dimanche soir.
L'opposition israélienne et les partisans d'une ligne dure critiquent Netanyahou, les premiers pour ne pas avoir empêché l'accord, les seconds pour craindre que la fin de la guerre n'entraîne le retrait des territoires conquis. Le Premier ministre a toutefois assuré que la guerre avec l'Iran constituait une victoire globale pour le pays.