Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu sera candidat aux prochaines élections législatives, a confirmé son parti, le Likoud, dans un communiqué publié mercredi 10 juin. Le texte indique que le chef du gouvernement « se présentera aux prochaines élections et, si Dieu le veut, il remportera la victoire ». Le scrutin doit se tenir d’ici à la fin du mois d’octobre, sans qu’une date précise n’ait encore été officiellement arrêtée.
Cette annonce intervient alors que plusieurs sondages récents présagent une issue défavorable pour la coalition au pouvoir. Selon une enquête de l’Israel Democracy Institute publiée le 9 juin, 61 % des Israéliens estiment que Benjamin Netanyahu ne devrait pas se représenter. Les mêmes études indiquent toutefois qu’aucune coalition d’opposition ne semble en mesure d’obtenir une majorité parlementaire sans une alliance avec les partis arabes, que plusieurs formations ont déjà exclue.
Un mandat marqué par les conflits et les tensions
Depuis son retour au pouvoir en décembre 2022 à la tête de la coalition la plus à droite de l’histoire du pays, Benjamin Netanyahu a traversé une période particulièrement agitée. D’importantes manifestations ont secoué le pays avant les guerres déclenchées à Gaza, au Liban et en Iran. L’offensive menée par l’État hébreu contre la bande de Gaza fait suite à l’attaque du Hamas du 7 octobre 2023, considérée comme le plus grave échec sécuritaire du gouvernement.
Des relations ambivalentes avec Donald Trump
La candidature de Benjamin Netanyahu a été précédée de déclarations du président américain Donald Trump, qui s’interrogeait publiquement sur les intentions du Premier ministre israélien. Le correspondant d’ABC News à Washington a rapporté que Donald Trump lui avait confié ne pas savoir si Benjamin Netanyahu se présenterait à nouveau, ajoutant : « Je ne sais pas, il a eu une carrière extraordinaire. Veut-il continuer ? »
Malgré ces propos, les deux dirigeants entretiennent des relations étroites, bien que parfois tendues. Ils ont notamment lancé ensemble l’offensive contre l’Iran fin février. Des responsables américains et israéliens soulignent que des frictions sont apparues lorsque la Maison Blanche a exigé qu’Israël limite ses opérations militaires au Liban pendant les négociations de paix avec Téhéran. Donald Trump a récemment reconnu avoir traité Benjamin Netanyahu de « putain de cinglé » lors d’un échange téléphonique, tout en affirmant que leurs liens restaient excellents. Le président américain a également relayé les appels du Premier ministre israélien en faveur d’une grâce présidentielle dans le cadre des accusations de corruption qui pèsent contre lui, accusations qu’il conteste.
Un paysage politique fragmenté
Les prochaines élections seront les premières depuis l’attaque du 7 octobre 2023. L’opposition, menée par l’ancien Premier ministre Naftali Bennett et le centriste Yaïr Lapid, a annoncé une alliance baptisée « Ensemble » visant à détrôner Benjamin Netanyahu. Toutefois, les sondages suggèrent que cette coalition ne parviendrait pas non plus à obtenir la majorité à la Knesset, laissant planer l’incertitude sur l’issue du scrutin.