Les hostilités entre Israël et l'Iran ont franchi un nouveau palier lundi 8 juin, lorsque l'aviation israélienne a bombardé des cibles militaires dans l'ouest et le centre de la République islamique. Cette opération, confirmée par un porte-parole de Tsahal, intervient en riposte aux deux vagues de missiles tirées depuis le territoire iranien la veille, une première depuis l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu au Moyen-Orient le 8 avril.

Des explosions ont été signalées à Téhéran, Tabriz et Ispahan, selon la télévision d'État iranienne. Les Gardiens de la Révolution ont, de leur côté, annoncé avoir visé des « groupes terroristes » à Souleimaniyé, dans le Kurdistan irakien, sans que le lien direct avec les frappes israéliennes soit établi.

Escalade après un cessez-le-feu fragile

Les tirs de missiles iraniens de dimanche avaient été présentés par Téhéran comme un « avertissement » en représailles à un bombardement israélien sur la banlieue sud de Beyrouth. Un conseiller de la diplomatie iranienne, Ali Safari, a affirmé que ces tirs étaient intervenus « après plus d'un mois de retenue face à des violations répétées du cessez-le-feu » israélien au Liban. De son côté, Israël a qualifié l'attaque iranienne de « grave erreur », le général de brigade Effie Defrin, porte-parole de l'armée, déclarant que « le régime terroriste iranien a commis une grave erreur en choisissant une nouvelle fois la voie du terrorisme ».

La médiation américaine mise à l'épreuve

Le président américain Donald Trump, qui s'est entretenu dimanche soir avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, aurait demandé à Israël de ne pas riposter afin de préserver les négociations en cours avec Téhéran. Selon des propos rapportés par un journaliste d'Axios, M. Trump aurait déclaré : « Nous sommes sur le point de conclure un accord définitif avec l'Iran. Ce sera un bon accord. Je ne veux pas qu'il tombe à l'eau à cause de ce qui se passe actuellement. » Aucun compte-rendu officiel de cet entretien n'a été diffusé.

Malgré ces appels, les frappes israéliennes ont eu lieu, compromettant les efforts diplomatiques. Le président Trump a par ailleurs regretté que les tirs iraniens « ne vont pas aider les négociations », tout en réaffirmant que Washington et Téhéran étaient « très proches » d'un accord. La cheffe de la diplomatie britannique, Yvette Cooper, a appelé « les deux parties à la retenue et à une désescalade immédiate », estimant qu'« une reprise du conflit entre Iran et Israël n'est dans l'intérêt de personne ».

Fermetures d'espaces aériens et mesures de sécurité

Face à la montée des tensions, Israël a annoncé la fermeture de toutes les écoles du pays. L'Irak et la Syrie ont temporairement fermé leur espace aérien, en partie ou en totalité. L'Iran a également suspendu les vols à l'aéroport Imam Khomeini de Téhéran et a fermé son espace aérien dans la partie ouest du pays jusqu'à nouvel ordre.

Des affrontements ont également eu lieu autour du détroit d'Ormuz ces derniers jours, sans que les négociations entre Washington et Téhéran n'aboutissent à une issue. Les points de blocage restent nombreux : le programme nucléaire iranien, le contrôle du détroit, le sort des avoirs iraniens gelés à l'étranger, ainsi que la situation au Liban. La région semble à nouveau au bord d'un embrasement généralisé, alors que la trêve du 8 avril est de plus en plus fragile.