La plus haute responsable juridique de l'État hébreu a lancé une mise en garde solennelle. Gali Baharav-Miara, procureure générale d'Israël, estime qu'« une course a commencé pour démanteler les institutions démocratiques ». Elle a fait part de ses inquiétudes face à plusieurs initiatives législatives et à l'attitude du pouvoir exécutif.
Parmi les textes contestés figure un projet de loi visant à étendre les prérogatives du ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, figure de l'extrême droite israélienne. La procureure générale juge cette mesure contraire à l'équilibre des pouvoirs. Un deuxième texte, dont la nature exacte n'a pas été précisée, est également remis en cause pour des motifs similaires.
Au-delà des textes, c'est l'attitude du gouvernement qui suscite l'alarme. Mme Baharav-Miara a déploré les appels émanant de la majorité « à ne pas respecter des décisions de justice » rendues par la Cour suprême. Cette institution, garante de l'État de droit, se trouverait ainsi fragilisée par une pression politique directe.
Une confrontation institutionnelle croissante
Ces prises de position s'inscrivent dans un climat politique tendu. Depuis plusieurs mois, la coalition au pouvoir, dirigée par le Premier ministre Benyamin Nétanyahou, a engagé une réforme controversée du système judiciaire. Les critiques, tant en Israël qu'à l'étranger, y voient une menace pour la séparation des pouvoirs et les fondements démocratiques du pays.
La procureure générale, dont l'indépendance est constitutionnellement garantie, se trouve en première ligne de cette opposition. Ses mises en garde interviennent alors que plusieurs projets de loi avancent au Parlement. Certains observateurs redoutent une accélération du calendrier législatif, susceptible de limiter le contrôle juridictionnel sur les décisions gouvernementales.
Itamar Ben Gvir, connu pour ses positions ultranationalistes, s'est vu confier la sécurité intérieure. Les pouvoirs supplémentaires que la loi lui accorderait pourraient, selon ses détracteurs, renforcer une dérive autoritaire. La procureure générale a souligné que de telles dispositions, si elles étaient adoptées, porteraient atteinte à l'équilibre des institutions.
Riposte judiciaire et mobilisation citoyenne
Face à ces projets, des recours devant la Cour suprême sont envisagés. Des mouvements de contestation, notamment des réservistes de l'armée et des secteurs de la société civile, se sont déjà mobilisés par le passé contre la réforme judiciaire. La nouvelle alerte de la procureure générale pourrait attiser ces tensions.
Les déclarations de Gali Baharav-Miara constituent un signal fort adressé aux parlementaires. Elle rappelle que toute loi doit respecter les principes fondamentaux de l'État de droit. Le gouvernement, de son côté, justifie ses réformes par la nécessité de rééquilibrer les pouvoirs et de limiter ce qu'il perçoit comme un activisme judiciaire.
Le conflit entre l'exécutif et l'appareil judiciaire est devenu l'un des sujets centraux du débat public israélien. La procureure générale, en alertant publiquement, cherche à freiner ce qu'elle considère comme une dégradation programmée des garde-fous démocratiques. La suite dépendra des votes à la Knesset et des éventuelles décisions de la Haute Cour.