Une charge frontale contre le patron du football mondial
Javier Tebas, président de la Liga espagnole, a appelé publiquement Gianni Infantino à quitter ses fonctions de président de la Fédération internationale de football association (Fifa). Dans un entretien accordé au quotidien sportif italien La Gazzetta dello Sport, le dirigeant espagnol a déclaré que, selon lui, « son temps est écoulé ». Il justifie cette prise de position par une série de griefs concrets concernant la gestion de l’instance dirigeante du football.
Tebas a accusé la Fifa de « détruire l’industrie du football » en multipliant les décisions qu’il juge préjudiciables. Il a notamment cité les pauses hydratation lors des matchs du Mondial 2026, l’allongement de la mi-temps de la finale, ou encore le report de la suspension du défenseur américain Folarin Balogun, évitée de justesse pour le huitième de finale des États-Unis face à la Belgique, après une intervention de la fédération américaine auprès de la Fifa.
Un système électoral « pourri jusqu’à la moelle »
Interrogé sur la possibilité de voir Infantino quitter la présidence, Tebas a reconnu que ce scénario était peu probable. « Il a le soutien des fédérations nationales », a-t-il expliqué. « Le système électoral de la Fifa est pourri jusqu’à la moelle. Il n’y a aucun candidat d’opposition, personne ne veut se présenter juste pour perdre. » Selon le président de la Liga, Infantino ne devrait pas rester en poste, mais « l’état actuel des choses fait qu’il ne partira pas ».
Infantino, âgé de 56 ans, est à la tête de la Fifa depuis 2016 et devrait briguer un quatrième mandat lors du congrès de l’organisation en mars prochain. Tebas n’a pas caché son pessimisme quant à l’issue de cette élection.
Des critiques venues des États-Unis et un silence coupable
Présent aux États-Unis pour assister au sacre de l’Espagne lors de la Coupe du monde 2026, Tebas a affirmé avoir entendu de nombreuses personnes « qui sont contre Infantino, qui sont en désaccord avec ce qu’il fait ». « Ils le disent, mais ensuite ils ne font rien. Je ne sais pas ce qui est pire, le silence ou la complicité, car ceux qui se taisent sont parfaitement conscients des dommages que subit le football », a-t-il ajouté.
Le dirigeant espagnol a également évoqué la possibilité que la Fifa porte à 64 équipes le nombre de participants à la Coupe du monde estivale à l’avenir, une hypothèse qu’il dénonce comme une nouvelle menace pour l’équilibre du calendrier et la santé financière des clubs.
Une affaire Balogun qui aurait pu faire basculer Infantino
Tebas a estimé que le scandale autour de la suspension de Folarin Balogun aurait pu être l’occasion de provoquer la chute d’Infantino. Le joueur de 25 ans avait échappé à une suspension automatique pour son carton rouge reçu lors du dernier match de poule, après que la fédération américaine a fait valoir un recours accepté par la Fifa. Ce précédent a suscité de vives contestations, mais n’a pas entamé la position du président.
Une opposition qui reste sans effet
Les déclarations de Javier Tebas interviennent dans un contexte de tensions récurrentes entre les ligues nationales et la Fifa. La Liga, comme d’autres championnats européens, conteste régulièrement l’extension des compétitions internationales et les décisions unilatérales de l’instance basée à Zurich. Pour l’instant, aucune contestation interne n’a réussi à ébranler la majorité des fédérations qui soutiennent Infantino.
Le président de la Liga conclut en réaffirmant que le départ d’Infantino est nécessaire pour restaurer la confiance dans la gouvernance du football mondial, mais que sans opposition crédible ni volonté collective, la situation risque de perdurer.