Gabriel Attal a tenu samedi 30 mai 2026 son premier grand meeting de campagne à la porte de Versailles, à Paris. Devant plusieurs milliers de partisans, le candidat de Renaissance a voulu incarner une troisième voie entre ce qu’il appelle « les marchands de haine » et « les apôtres du déclin », ciblant directement La France insoumise et le Rassemblement national.
« Je laisse à d’autres le sang et les larmes, moi je vous promets l’action et l’espoir », a lancé l’ancien Premier ministre, avant d’ajouter : « Mes adversaires, c’est La France insoumise et le Rassemblement national. » Il a appelé à « submerger » ces formations « sous les voix de Français qui se seront mis à espérer pour leur pays. »
Une campagne placée sous le signe de l’optimisme
Pendant près d’une heure, Gabriel Attal a développé une rhétorique résolument positive, contrastant avec le ton jugé plus alarmiste d’Édouard Philippe, son principal rival au sein du bloc central. « Ce qu’il faut, plutôt qu’un barrage, c’est submerger les extrêmes », a-t-il insisté, en référence aux scores élevés du RN et de LFI dans les enquêtes d’opinion.
Le candidat a rappelé sa volonté de « fendre l’armure » et de « remonter sur la table », des formules qu’il a fait inscrire sur son pupitre. Il a affirmé avoir « mûri » dans l’exercice du pouvoir et prouvé qu’il était possible de « bouger les choses sans mettre la France à feu et à sang », une pique implicite envers Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen et Jordan Bardella.
Un meeting rodé mais une affluence modérée
L’événement s’est déroulé dans le hall 4 du Parc des expositions, qui n’était rempli qu’à moitié de sa capacité. L’équipe de campagne a compté entre 4 000 et 5 000 participants. La température extérieure dépassait les 30 degrés, mais la salle était climatisée.
Avant l’arrivée du candidat, plusieurs intervenants ont pris la parole pour chauffer la salle : la députée ukrainienne Lesia Vasilenko, l’eurodéputée Valérie Hayer, et le nouveau maire d’Annecy Antoine Armand, qui a été le premier à faire applaudir le nom d’Emmanuel Macron.
Un clip de campagne a également été diffusé, donnant la parole à des citoyens ayant rencontré Gabriel Attal : une jeune du Service national universel, un boulanger, un habitant du Pas-de-Calais sinistré par les inondations de 2024, la mère d’un élève victime de harcèlement scolaire, et un proviseur. Tous louaient sa « disponibilité », sa « détermination » et son « empathie ».
Des promesses sur l’école, les salaires et les retraites
Gabriel Attal a détaillé quatre chantiers prioritaires déjà esquissés lors de sa déclaration de candidature dans l’Aveyron : l’éducation, les salaires, le contrôle des frontières et l’intelligence artificielle.
Sur l’école, qu’il qualifie de « mère de toutes les batailles », il a promis de rétablir le « choc des savoirs » – une réforme qu’il avait mise en œuvre comme ministre de l’Éducation et qui a été assouplie depuis – et de ramener la France dans les dix premières places du classement Pisa d’ici dix ans. Il s’est aussi engagé à limiter les effectifs à moins de 20 élèves par classe en primaire.
« Les économies sur le dos de nos enfants, sur le dos de notre avenir, c’est fini », a-t-il martelé. Concernant les retraites, il a plaidé pour un « changement radical du système ».
Concurrence avec Édouard Philippe et situation politique
Si le candidat de Renaissance a cherché à projeter une image offensive, les derniers sondages le placent en retrait par rapport à Édouard Philippe. Deux études publiées en fin de semaine, l’une de l’IFOP et l’autre de Harris Interactive, créditent le maire du Havre d’une avance de plusieurs points en cas de duel au premier tour. Dans l’une d’elles, Édouard Philippe atteindrait 14 % des intentions de vote, soit cinq points de plus que Gabriel Attal.
« Si j’ai décidé d’être candidat, c’est pour l’espoir, c’est pour l’avenir, c’est pour l’optimisme », a expliqué l’ex-Premier ministre pour justifier sa candidature, en soulignant qu’il n’a « jamais perdu son énergie, son audace, sa détermination ».
Sur le plan des soutiens, la direction de Renaissance assure que 80 parlementaires étaient présents, dont d’anciens députés. Élisabeth Borne, pourtant membre du parti et ancienne ministre de l’Éducation, n’a pas fait le déplacement. La formation présidentielle, qui comptait 300 députés en 2017, n’en a plus qu’une centaine après la dissolution de 2024.
Gabriel Attal ouvre ainsi le bal des grands meetings de la présidentielle de 2027, alors que plusieurs candidats de premier plan doivent s’exprimer dans les semaines à venir.