Au Sénégal, la peur s’installe durablement au sein de la communauté homosexuelle. Alors que les poursuites judiciaires et les violences se multiplient, plusieurs personnes LGBT+ confient ne plus se sentir en sécurité et envisagent l’exil comme seule issue.
« Si on m’attrape, c’est la fin pour moi », résume l’un des témoignages qui circulent au sein d’un réseau d’entraide. L’effroi est devenu quotidien, et les appels à l’aide se font de plus en plus pressants. Beaucoup affirment vivre dans la crainte constante d’être dénoncés, agressés ou arrêtés.
Dans ce climat de tensions accrues, une bouée de sauvetage émerge : la ligne d’écoute internationale mise en place par l’association Stop Homophobie. Ce dispositif offre une oreille attentive aux personnes en détresse et, pour certaines, l’espoir concret d’organiser un départ vers un pays plus sûr. Les opérateurs de la ligne rapportent une augmentation significative des sollicitations en provenance du Sénégal ces derniers mois.
Les autorités sénégalaises, de leur côté, maintiennent une législation pénale qui criminalise les relations homosexuelles, exposant les personnes LGBT+ à de lourdes peines de prison. Cette répression s’accompagne souvent de violences extrajudiciaires – agressions, chantages, rejets familiaux – qui poussent les victimes à se cacher ou à fuir.
Pour ceux qui ne peuvent pas quitter le territoire, l’angoisse reste entière. Les réseaux de solidarité, comme celui animé par Stop Homophobie, deviennent alors un lien vital, offrant conseils juridiques, soutien psychologique et parfois un simple message de réconfort dans la solitude de la clandestinité.