Alors que le procès en appel du Rassemblement national touche à sa fin, plusieurs cadres du parti multiplient les déclarations sur l’avenir politique de Marine Le Pen. Jean-Philippe Tanguy, député de la Somme, a estimé qu’il était « probable » que la triple candidate à l’élection présidentielle puisse concourir en 2027, avançant notamment sa certitude quant à son innocence.
« Je crois qu'elle est innocente – et comme je sais qu'elle est innocente, je trouve cela probable », a déclaré l’élu, interrogé sur la possibilité qu’elle soit candidate en 2027. Il a également rappelé que, selon lui, « Marine Le Pen est présumée innocente à partir du moment où elle se pourvoit en cassation », faisant référence à la procédure juridique qui pourrait suivre la décision de la cour d’appel, rendue début juillet.
Jean-Philippe Tanguy n’a pas hésité à qualifier la dirigeante de « candidate naturelle » du parti pour la prochaine présidentielle. Selon lui, le parti préférerait affronter des adversaires comme Édouard Philippe ou Gabriel Attal, car cela reviendrait à « affronter le bilan catastrophique qu'ils lèguent à la France ». Sur le fond de l’affaire, il a exprimé l’espoir que « l'innocence de Marine Le Pen soit reconnue ».
De son côté, Sébastien Chenu, député et vice-président du RN, a livré un portrait martial de Marine Le Pen, la qualifiant de « guerrière » lors du procès en appel. Ces prises de paroles successives interviennent alors que la décision de la cour d’appel, qui pourrait acter une peine d’inéligibilité, pèse lourdement sur l’horizon politique de la chef du parti.
Un calendrier judiciaire serré
La cour d’appel doit statuer sur l’ensemble des peines prononcées en première instance dans l’affaire des assistants parlementaires européens. Si la justice devait confirmer une peine d’inéligibilité avec exécution provisoire, Marine Le Pen pourrait être empêchée de se présenter à l’élection présidentielle de 2027. Le pourvoi en cassation, évoqué par le député Tanguy, n’a pas d’effet suspensif automatique sur l’exécution provisoire, mais pourrait être utilisé pour tenter de suspendre la peine en attendant un examen au fond.
Les déclarations des élus RN traduisent une stratégie visant à maintenir la pression sur le terrain politique et à préparer l’opinion à une candidature maintenue, quelles que soient les décisions de justice. Le parti semble vouloir dissocier le calendrier judiciaire du calendrier électoral, tout en insistant sur la présomption d’innocence.
Pas de retour de la peine de mort
Interrogé par ailleurs sur une éventuelle promesse électorale du RN, Jean-Philippe Tanguy a d’ailleurs écarté la possibilité d’un retour de la peine de mort en cas de victoire à la prochaine élection présidentielle. Une position qui tranche avec les propositions historiques du parti sur ce sujet.
La campagne présidentielle de 2027 s’annonce donc placée sous le signe de l’incertitude judiciaire, tandis que Marine Le Pen a déjà entamé des déplacements de campagne avec Jordan Bardella, laissant penser qu’elle entend être sur la ligne de départ, quelles que soient les décisions de la justice.