Le palmarès annuel des plus grandes fortunes professionnelles de France a été publié ce mercredi 8 juillet, et il consacre un retournement de situation attendu. Après avoir été détrônée l’an dernier par la famille Hermès, la famille de Bernard Arnault reprend la première place, avec une fortune estimée à 121 milliards d’euros. Selon les différentes évaluations disponibles, ce montant oscille entre 112 et 121 milliards, le chiffre retenu par le classement de référence étant le plus élevé. En deuxième position, la famille Hermès voit sa fortune fondre à 114 milliards d’euros, soit une baisse de 30 % par rapport à l’année précédente où elle culminait à 163 milliards.
Un duel dicté par la Bourse
Ce chassé-croisé s’explique avant tout par les performances contrastées des actions LVMH et Hermès. L’an dernier, le titre du numéro un mondial du luxe avait chuté de 40 %, faisant passer la fortune d’Arnault de 190 à 117 milliards d’euros. Depuis, le groupe a retrouvé son niveau boursier de 2025, porté notamment par une montée de la famille au capital, qui dépasse désormais pour la première fois les 50 %. En revanche, Hermès, qui avait jusqu’ici résisté au ralentissement du marché du luxe avec des ventes en hausse dans toutes les régions, a vu son cours reculer de 30 % en un an, malgré des résultats opérationnels solides. Ce mouvement a effacé une partie des gains accumulés en 2025.
Le Top-10 des fortunes professionnelles
Derrière ce duo, le podium reste inchangé. Alain et Gérard Wertheimer, propriétaires de Chanel, conservent la troisième place avec une fortune stable de 95 milliards d’euros. Le groupe Chanel a renoué avec la croissance en 2025, réalisant un chiffre d’affaires de 19,3 milliards de dollars, et prévoit l’ouverture d’une trentaine de nouveaux magasins cette année.
Françoise Bettencourt Meyers et sa famille, actionnaires à près de 35 % de L’Oréal, occupent la quatrième place avec 69,7 milliards d’euros, en léger recul par rapport aux 73,8 milliards de l’an dernier. Le géant des cosmétiques a enregistré un chiffre d’affaires de 44 milliards d’euros l’an passé.
Plus bas dans le classement, des mouvements significatifs sont à noter. Xavier Niel confirme sa progression, tandis que Rodolphe Saadé tire son épingle du jeu. La famille Dassault, en revanche, subit une lourde déconvenue : sa fortune a chuté de 7,9 milliards d’euros, ce qui la fait reculer dans la hiérarchie.
Une tendance globale à la baisse
Malgré un nombre record de milliardaires (153) et un seuil d’entrée dans le classement jamais aussi élevé (250 millions d’euros), l’encours total des 500 fortunes recule pour la deuxième année consécutive, à 1 076 milliards d’euros, contre 1 129 milliards en 2025. Le Top-10 est particulièrement affecté avec une baisse de près de 9 %. Ce repli est illustré par la chute combinée de la famille Dassault et de la famille Hermès.
Ce résultat s’inscrit dans un contexte européen moins porteur. Selon le rapport mondial sur la richesse, le nombre d’ultra-riches en Europe n’a progressé que de 3,5 %, contre 6,2 % au niveau mondial. La croissance domestique en France reste marginale (+0,4 %), et la hausse des marchés boursiers y est moins forte que de l’autre côté de l’Atlantique.
Perspectives
Le duel entre Hermès et Arnault reste ouvert. Avec un écart désormais réduit à 7 milliards d’euros, la moindre fluctuation boursière pourrait à nouveau inverser la hiérarchie l’an prochain. Les prochains mois seront déterminants, notamment pour LVMH qui doit confirmer sa reprise boursière, et pour Hermès qui espère stabiliser son action malgré un environnement économique incertain.