Où se situe Dominique de Villepin sur l'échiquier politique français ? La question, régulièrement posée à l'ancien locataire de Matignon, a trouvé une réponse tranchée de sa part ces derniers jours. Sollicité sur le sujet, l'ex-Premier ministre a livré une profession de faith qui échappe aux étiquettes partisanes.

« Je suis le défenseur de la justice sociale », a-t-il déclaré, en réponse à une interrogation sur son appartenance à la droite ou à la gauche. Cette formule, qui pourrait constituer un mantra personnel, vise à récuser toute classification binaire. L'ancien chef du gouvernement refuse de se laisser enfermer dans les catégories traditionnelles du clivage politique français.

Cette déclaration intervient alors que Dominique de Villepin, figure ayant occupé les plus hautes fonctions sous la présidence de Jacques Chirac, cultive depuis plusieurs années une image d'homme libre, affranchi des appareils partisans. Ancien ministre des Affaires étrangères puis de l'Intérieur avant de devenir Premier ministre de 2005 à 2007, il a toujours revendiqué une certaine indépendance d'esprit, y compris au sein de la majorité de l'époque.

Une définition centrée sur des valeurs plutôt que sur des appartenances

En se présentant avant tout comme un « défenseur de la justice sociale », l'ancien diplomate met en avant une valeur qui traverse traditionnellement le spectre politique, de la gauche sociale à la droite sociale ou gaulliste sociale. Cette insistance sur la dimension sociale de son engagement pourrait être interprétée comme une volonté de se démarquer d'une certaine droite libérale ou conservatrice.

Dominique de Villepin n'en est pas à son premier exercice de redéfinition de son propre positionnement. Au fil des années, il a multiplié les interventions publiques sur des sujets allant de la politique étrangère — où il s'est illustré par son opposition à la guerre en Irak en 2003 — aux questions sociales et économiques, prenant parfois des positions jugées à contre-courant de la ligne de son ancien parti.

Une posture qui interroge dans le paysage politique actuel

Cette déclaration intervient dans un contexte politique français marqué par une recomposition des forces et une certaine porosité des clivages traditionnels. L'affirmation par Dominique de Villepin d'une identité politique fondée sur la justice sociale, plutôt que sur un camp, pourrait être perçue comme une forme de brouillage des repères pour les observateurs.

L'ancien Premier ministre ne cache pas son regard critique sur l'évolution de la vie politique française. Il a régulièrement déploré ce qu'il considère comme un appauvrissement du débat public et une montée des extrêmes. Sa position, qui se veut transversale, le place dans une catégorie à part au sein du paysage politique hexagonal.

Reste à savoir si cette proclamation d'un engagement pour la justice sociale, déconnectée de toute étiquette partisane, préfigure une forme d'engagement politique futur ou si elle s'inscrit dans la continuité d'une parole publique déjà abondante. En attendant, l'ancien chef du gouvernement semble vouloir s'affranchir des cases dans lesquelles on tente parfois de le ranger.