L’intelligence artificielle est au cœur d’un mouvement de fond qui dure depuis plusieurs années. C’est en substance l’analyse livrée récemment par Jean-François Bay, qui a employé le terme de « supercycle » pour qualifier la dynamique actuelle du secteur. Selon lui, ce phénomène a débuté en 2022 et se poursuit sans signe d’essoufflement.
Ce constat intervient alors que l’IA générative suscite un engouement considérable, tant du côté des investisseurs que des entreprises. Les dépenses en infrastructures, en recherche et en déploiement d’applications connaissent une croissance rapide, portées par des acteurs majeurs de la tech. Le propos de Jean-François Bay s’inscrit dans un contexte où les valorisations des sociétés spécialisées grimpent et où les introductions en Bourse, comme celle d’Anthropic, attirent des montants records.
Si les marchés financiers réagissent avec enthousiasme, certains observateurs rappellent que la notion de supercycle implique des risques de bulle spéculative. Les cycles précédents, notamment dans l’Internet ou les semi-conducteurs, ont montré que les phases d’expansion rapide peuvent être suivies de corrections brutales. Jean-François Bay n’a pas évoqué de calendrier précis pour une éventuelle maturation de ce cycle.
L’analyse de Jean-François Bay rejoint d’autres voix qui soulignent la singularité de la période actuelle : la demande en capacités de calcul, les investissements dans les centres de données et l’essor des applications d’IA dans des secteurs variés (santé, finance, industrie) constituent des indicateurs d’un changement structurel. Pour l’instant, l’appétit pour les valeurs liées à l’IA ne faiblit pas, et les annonces de levées de fonds ou d’accords se multiplient.
Reste à savoir si ce supercycle pourra se maintenir sur la durée, ou si un rééquilibrage interviendra lorsque les promesses technologiques devront se traduire en résultats financiers tangibles.