Une nouvelle polémique judiciaire entoure Jean Messiha, figure de la droite identitaire et ancien haut fonctionnaire. Ce dernier est visé par une plainte pour « détournement de fonds » déposée par la famille de l’une des victimes de la fusillade survenue dans le quartier d’Amra, à Marseille, en 2023. L’affaire, révélée par plusieurs sources concordantes, porte sur l’utilisation d’une cagnotte en ligne ouverte à la suite de ce drame.
L’origine de la cagnotte
Quelques jours après la fusillade qui avait fait plusieurs morts et blessés, une cagnotte participative avait été mise en ligne sur la plateforme Leetchi. Intitulée « Pour les victimes d’Amra », elle visait à collecter des dons pour soutenir les familles endeuillées. Selon les éléments recueillis, la cagnotte avait rapidement atteint plusieurs dizaines de milliers d’euros, portée par un élan de solidarité nationale.
Cependant, des proches des victimes affirment n’avoir jamais reçu les fonds promis. Une plainte a été déposée par la famille d’une des victimes auprès du parquet de Marseille, qui a ouvert une enquête préliminaire pour « détournement de fonds » et « abus de confiance ». Les investigations ont été confiées à la brigade financière de la police judiciaire.
Les accusations
Selon la plainte, consultée par plusieurs médias, Jean Messiha serait à l’origine de la création de la cagnotte. Il aurait utilisé son influence et sa notoriété pour en assurer la promotion sur les réseaux sociaux, en se présentant comme un intermédiaire légitime auprès des donateurs. L’argent récolté aurait ensuite été transféré sur des comptes personnels, selon les accusations portées par la famille plaignante.
« Nous avons été contactés par des personnes qui nous ont dit avoir donné sans jamais voir la couleur de cet argent », a expliqué un avocat représentant la famille. « Les fonds devaient être reversés intégralement aux victimes, mais rien n’a été fait. » Le montant total détourné n’a pas été précisé, mais il est question de sommes à cinq chiffres.
La défense de Jean Messiha
Contacté par la presse, Jean Messiha a fermement démenti les accusations. Il affirme que la cagnotte avait été ouverte dans un but humanitaire et que l’argent avait bien été remis à des associations caritatives et à des familles. « Je n’ai jamais détourné un centime », a-t-il déclaré. « Cette plainte est une manœuvre politique visant à me nuire. » Il a également indiqué être en mesure de fournir des justificatifs de versements à des organismes, sans pour autant les rendre publics pour l’instant.
Contexte et conséquences
Cette affaire intervient alors que Jean Messiha est déjà connu pour ses positions polémiques et ses liens avec des mouvements identitaires. Ancien membre du parti Les Républicains, il a rejoint le parti Reconquête! en 2022, avant de s’en éloigner. Il est régulièrement critiqué pour ses propos sur l’immigration et l’islam.
L’enquête préliminaire devra déterminer si les fonds ont effectivement été détournés ou si une simple maladresse de gestion est en cause. La famille plaignante réclame la publication de l’intégralité des mouvements financiers liés à la cagnotte, ainsi que la restitution des sommes perçues.
Pour l’heure, aucune mise en examen n’a été prononcée. La brigade financière poursuit ses investigations. Cette affaire relance le débat sur la régulation des cagnottes en ligne et la confiance accordée aux intermédiaires privés lors de collectes humanitaires.