Jeudi 4 juin, à l'occasion du Congrès national des Jeunes Agriculteurs qui se déroulait à Bourg-en-Bresse, dans l'Ain, plusieurs personnalités politiques ont pris la parole. Parmi elles, le député du Rassemblement national Jean-Philippe Tanguy s'est livré à une mise en garde sur les répercussions d'une éventuelle adhésion de l'Ukraine à l'Union européenne.

« Intégrer l'Ukraine à l'UE, c'est la fin de l'agriculture française », a-t-il déclaré, selon les propos rapportés sur place. Cette affirmation, prononcée dans le cadre du rendez-vous annuel des jeunes exploitants, intervient alors que le débat sur l'élargissement européen continue d'alimenter les discussions politiques et agricoles.

Le congrès, qui réunit chaque année des agriculteurs de moins de 35 ans, sert de tribune aux représentants du monde rural et aux responsables politiques pour échanger sur les enjeux de la profession. La question des relations commerciales avec l'Ukraine, grand producteur de céréales et d'oléagineux, suscite des inquiétudes récurrentes au sein de la filière française, qui craint une concurrence accrue en cas d'adhésion rapide de Kiev à l'Union.

Le député RN n'est pas le premier responsable politique à exprimer de telles réserves. Plusieurs syndicats agricoles et élus de différents bords ont déjà alerté sur les risques de déstabilisation des marchés et des exploitations françaises. Les discussions autour du statut de l'Ukraine, candidate officielle depuis 2022, continuent de diviser au sein de l'Union européenne, entre volonté de soutien politique et craintes économiques.

Dans son intervention, Jean-Philippe Tanguy n'a pas précisé les mécanismes exacts qui mèneraient, selon lui, à la disparition de l'agriculture française. Il s'est contenté de formuler un avertissement sans développer de propositions alternatives. Les participants au congrès, venus de toute la France, ont pu entendre ce discours parmi d'autres interventions politiques.

Ce type de déclaration intervient dans un contexte de tensions récurrentes entre la France et ses partenaires européens sur la politique agricole commune (PAC) et les importations en provenance d'Ukraine. Les agriculteurs français, confrontés à une baisse des revenus et à des contraintes réglementaires croissantes, suivent avec attention les évolutions des négociations d'élargissement.

Aucune réaction officielle n'a été communiquée dans l'immédiat de la part des représentants ukrainiens ou des institutions européennes. La question devrait continuer à animer les débats lors des prochaines échéances politiques, tant nationales qu'européennes.