L'ancien secrétaire général de l'OTAN, Jens Stoltenberg, a estimé que l'Alliance atlantique est aujourd'hui « plus difficile à gérer » qu'auparavant, dans des propos rapportés mardi. S'exprimant lors d'un entretien, le responsable norvégien a également jugé qu'il existait des limites à ce que l'Europe devrait accepter de la part des États-Unis.
Sans développer de menace précise ni citer de dossier particulier, M. Stoltenberg a décrit une organisation confrontée à des équilibres internes plus complexes que par le passé. Son constat intervient alors que les relations transatlantiques traversent une période de tensions, marquée par des divergences sur les questions de défense, de commerce et d'engagement stratégique.
Une gouvernance alourdie
« L'OTAN est devenue plus difficile à gérer », a déclaré celui qui a dirigé l'organisation de 2014 à 2024. Cette difficulté accrue serait liée à un environnement géopolitique plus fragmenté et à des attentes divergentes entre les 32 membres de l'Alliance. M. Stoltenberg n'a pas précisé si ces tensions provenaient de la guerre en Ukraine, des ambitions chinoises ou des exigences américaines en matière de partage du fardeau financier.
Des limites à poser à Washington
Interrogé sur la relation avec les États-Unis, l'ancien secrétaire général a affirmé qu'il y avait « des limites à ce que l'Europe devrait accepter de la part des États-Unis ». Cette déclaration, bien que mesurée, reflète un malaise croissant parmi les capitales européennes face aux demandes répétées de l'administration américaine, notamment sur le relèvement des budgets de défense ou sur des positions commerciales.
M. Stoltenberg, qui occupe aujourd'hui le poste de gouverneur de la Norges Bank, la banque centrale norvégienne, s'est exprimé à titre personnel. Son analyse intervient dans un contexte où plusieurs pays européens cherchent à renforcer leur autonomie stratégique tout en restant membres de l'OTAN.
Un diagnostic partagé
Les propos de l'ancien secrétaire général font écho à des préoccupations exprimées par d'autres responsables européens ces derniers mois. La guerre en Ukraine a à la fois renforcé l'unité de l'Alliance et mis en lumière des fractures, notamment sur le rythme des livraisons d'armes, les sanctions contre la Russie ou l'élargissement à la Suède et à la Finlande.
Si Jens Stoltenstein n'a pas évoqué de scénario de rupture, ses déclarations soulignent la nécessité pour les Européens de définir plus clairement leurs « lignes rouges » dans le partenariat transatlantique. L'ancien dirigeant norvégien, perçu comme un fervent défenseur de l'Alliance durant son mandat, semble ainsi appeler à un rééquilibrage des rapports de force internes.
Une mise en garde sans fracas
Aucune demande concrète n'a été formulée par M. Stoltenberg, et ses propos n'ont pas été officiellement commentés par le siège de l'OTAN à Bruxelles. Ils n'en constituent pas moins un signal, venant d'une figure respectée et longtemps associée à la ligne dure de l'Alliance face à la Russie. La prudence de son ton, combinée à la netteté de son diagnostic, pourrait nourrir les débats lors des prochaines réunions ministérielles de l'organisation.