À l'approche de l'entrée en lice du Canada dans la Coupe du monde 2026, son sélectionneur américain Jesse Marsch a suscité une controverse en comparant l'attitude de ses joueurs à celle des internationaux américains quant au respect de l'hymne national. Lors d'une conférence de presse tenue avant le match d'ouverture contre la Bosnie-Herzégovine à Toronto, Marsch a affirmé qu'aux États-Unis, il avait parfois fallu « supplier » les joueurs de chanter « The Star-Spangled Banner », tandis que ses Canadiens n'avaient besoin d'aucune incitation pour exprimer leur fierté nationale.

« Aux États-Unis, il nous arrivait parfois de supplier les joueurs de chanter l'hymne national », a déclaré l'entraîneur, qui fut l'assistant de la sélection américaine entre 2010 et 2011, notamment lors du Mondial en Afrique du Sud. Avant d'ajouter qu'il appréciait le multiculturalisme au sein de son effectif canadien et que ses joueurs abordaient l'événement avec une fierté naturelle.

Ces propos, rapportés dans la presse, n'ont pas tardé à provoquer une réaction cinglante de Clint Dempsey, ancien attaquant et meilleur buteur conjoint de l'histoire de l'équipe des États-Unis. Dans des déclarations reprises vendredi, Dempsey a vertement critiqué Marsch, lui conseillant de s'occuper de sa propre équipe. « Occupe-toi de ton équipe », a-t-il notamment lancé. L'ancien joueur a souligné que représenter son pays était un « honneur » et a estimé que les remarques de Marsch étaient déplacées.

La sortie de Marsch intervient alors que le Canada s'apprête à disputer son tout premier match de Coupe du monde sur son sol. La rencontre, qui s'est soldée par un match nul 1-1 contre la Bosnie-Herzégovine, a été marquée par une forte mobilisation du public torontois. Marsch, premier Américain à diriger l'équipe nationale canadienne depuis sa nomination il y a deux ans, avait appelé ses joueurs à embrasser la pression liée au statut de co-organisateur du tournoi.

L'incident met en lumière les tensions sous-jacentes entre les deux sélections nord-américaines à l'approche d'une compétition qu'elles co-organisent avec le Mexique. Si Marsch a cherché à galvaniser son groupe en vantant leur attachement patriotique, cette comparaison a ravivé les rivalités historiques entre voisins. Dempsey, dont le nom est associé à plusieurs moments clés du football américain, a rappelé que chaque joueur vit son rapport à l'hymne de manière personnelle, mais qu'il n'avait jamais eu besoin d'être poussé pour montrer son attachement à son pays.

Les réactions ne se sont pas limitées au cercle des anciens joueurs. Plusieurs observateurs ont noté que les déclarations de Marsch, bien que destinées à valoriser son effectif, risquaient de rajouter une dose de pression inutile sur ses joueurs avant un rendez-vous historique. D'autres ont estimé que le sélectionneur cherchait avant tout à créer un esprit de corps autour de l'équipe canadienne, en insistant sur la fierté nationale comme moteur.

En tout état de cause, cette polémique a relégué au second plan les questions sportives concernant l'état de forme de l'équipe canadienne, notamment les retours de blessure de Moïse Bombito et Ismaël Koné, tous deux jugés aptes pour la rencontre. Le staff a également balayé les craintes liées aux conditions météorologiques, affirmant que l'équipe était prête à y faire face.

Alors que le Canada poursuit son parcours dans cette Coupe du monde à domicile, la sortie de Marsch restera comme un moment de tension inattendu, illustrant les défis d'un sélectionneur américain à la tête d'une sélection canadienne dans un contexte de forte rivalité régionale.