Dans de nombreux pays, les jeunes actifs font face à une compétition de plus en plus vive pour décrocher un poste de niveau débutant. Plusieurs facteurs se conjuguent pour durcir l'accès au marché du travail : le nombre croissant de diplômés de l'enseignement supérieur, un rythme d'embauche qui ralentit dans divers secteurs, et l'incertitude suscitée par la diffusion de l'intelligence artificielle, qui modifie les perspectives de carrière.
Une offre de travail jeune en hausse
Le nombre de jeunes achevant des études supérieures ne cesse d'augmenter dans les économies développées comme émergentes. Cette tendance, en elle-même positive, a pour effet mécanique d'accroître le nombre de candidats postulant aux mêmes emplois d'entrée de gamme. Les entreprises, confrontées à un bassin de recrutement plus large, peuvent élever leurs exigences, laissant sur le carreau une partie des nouveaux arrivants.
Un ralentissement des embauches
Parallèlement, les recrutements ralentissent dans plusieurs branches, notamment dans les services, la finance et les technologies. Les entreprises adoptent des stratégies plus prudentes face à un environnement économique marqué par l'inflation et les incertitudes géopolitiques. Ce frein à l'embauche réduit le nombre de postes ouverts, accentuant la pression sur les candidats juniors.
L'IA comme facteur de perturbation
L'intelligence artificielle joue un rôle grandissant dans la recomposition des métiers. Certains postes traditionnellement confiés à des jeunes diplômés, comme l'analyse de données, la rédaction de rapports ou le support administratif, sont partiellement ou totalement automatisés. Les entreprises tendent à rechercher des profils capables de maîtriser ces outils, ce qui peut désavantager les débutants moins formés aux technologies récentes. L'incertitude sur les compétences qui seront valorisées demain complique également le choix d'orientation des étudiants.
Des disparités selon les régions
Si le phénomène est mondial, son ampleur varie selon les pays et les politiques publiques mises en œuvre. Les systèmes de formation en alternance, les dispositifs d'accompagnement vers l'emploi et la vigueur du tissu économique local influent sur la capacité des jeunes à s'insérer professionnellement. Dans les pays où le chômage des jeunes est structurellement bas, la tension se traduit davantage par un déclassement que par une exclusion pure et simple.
Des pistes pour répondre au défi
Les experts appellent à renforcer les passerelles entre l'école et l'entreprise, à développer des formations courtes adaptées aux besoins du marché, et à inciter les employeurs à repenser leurs critères de recrutement. L'acquisition de compétences numériques et la capacité d'adaptation sont présentées comme des atouts clés pour les jeunes entrants sur le marché du travail.