Accord de plaider-coupable
John Bolton, l’ancien conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump lors de son premier mandat, est parvenu à un accord avec le ministère de la Justice pour plaider coupable de rétention illicite d’informations classifiées. Selon des sources proches du dossier, M. Bolton comparaîtra pour une nouvelle audience de lecture d’acte d’accusation le 26 juin devant un tribunal fédéral du Maryland, une procédure qui précède généralement l’enregistrement d’un plaidoyer de culpabilité.
L’accord, qui doit encore être approuvé par un juge, prévoit que M. Bolton plaide coupable d’un seul chef d’accusation — au lieu des dix-huit retenus dans l’acte d’accusation initial — et qu’il paie une amende de plus de 2 millions de dollars. La peine potentielle encourue va de zéro jour de prison à un maximum de cinq ans d’incarcération. En cas de procès et de condamnation, l’ex-conseiller aurait pu faire face à des décennies de réclusion.
Les faits reprochés
L’enquête visait la manière dont M. Bolton a conservé des documents lorsqu’il préparait les notes de son livre, publié après son départ de la Maison-Blanche en 2019 et très critique envers Donald Trump. L’acte d’accusation initial, déposé en octobre 2025 par le ministère de la Justice, lui reprochait d’avoir utilisé sa messagerie personnelle et une application de messagerie pour partager plus d’un millier de pages de notes avec deux membres de sa famille ne possédant pas d’habilitation de sécurité. Ces documents contenaient, selon l’accusation, des informations relevant de la défense nationale.
Contexte politique
Cette affaire s’inscrit dans le cadre plus large des poursuites engagées par l’administration Trump contre plusieurs opposants politiques. M. Bolton, devenu l’un des critiques les plus virulents du président après avoir quitté la Maison-Blanche, a été inculpé au cours d’une salve de mises en examen visant des figures hostiles à Donald Trump.
Le président a affirmé, au moment de l’inculpation de son ancien conseiller, qu’il n’en avait pas été informé au préalable, tout en qualifiant M. Bolton de « mauvais garçon ».
Pour Donald Trump, ce plaider-coupable représente sans doute l’une de ses victoires judiciaires les plus significatives dans sa campagne contre ceux qu’il considère comme ses ennemis, même si nombre d’autres dossiers similaires ont peiné à aboutir devant les tribunaux.
Spécificité de l’affaire
Le dossier Bolton se distinguait toutefois des autres affaires poussées par le président. L’enquête avait en effet été ouverte et avait pris de l’ampleur sous la précédente administration Biden, après que les services de renseignement américains eurent réuni ce que d’anciens responsables ont décrit comme des éléments troublants.
Un porte-parole du ministère de la Justice a refusé de commenter l’accord.