La flambée du prix du kérosène, attisée par l’instabilité au Moyen-Orient, pèse lourdement sur les comptes des compagnies aériennes. Pour Willie Walsh, directeur général de l’Association du transport aérien international (IATA), cette situation devrait provoquer des faillites parmi les transporteurs les plus vulnérables, en particulier les compagnies low-cost.
« Malheureusement, je pense que certaines compagnies aériennes auront beaucoup de mal à faire face à ce prix élevé du carburant », a déclaré Willie Walsh lors du sommet annuel de l’IATA qui se tient à Rio de Janeiro, selon des propos rapportés par plusieurs médias. Le carburant représente l’un des principaux postes de dépenses des compagnies aériennes, et sa hausse durable met en péril les modèles économiques les plus exposés.
Les low-cost en première ligne
Les compagnies à bas coûts sont jugées particulièrement vulnérables. Contrairement aux transporteurs traditionnels, elles ne disposent pas de sources de revenus complémentaires comme les cabines affaires, les clients premium ou les programmes de fidélité. Leurs marges sont donc plus étroites, ce qui réduit leur capacité à absorber une augmentation importante et prolongée des coûts opérationnels.
Le conflit impliquant les États-Unis, Israël et l’Iran a perturbé les routes aériennes et les chaînes d’approvisionnement, entraînant des détours plus longs et donc plus coûteux. Cette conjoncture accentue la pression sur des acteurs déjà fragilisés. Aux États-Unis, la compagnie Spirit Airlines a déjà été placée en faillite, un signal considéré par plusieurs observateurs comme le premier d’une série.
Concentration du secteur en vue
Selon Willie Walsh, cette crise pourrait déboucher sur une accélération des mouvements de concentration. Les compagnies les plus solides, adossées à des bilans plus robustes, pourraient racheter leurs concurrentes en difficulté. L’IATA anticipe ainsi une recomposition du paysage aérien mondial.
Pour autant, cette pression ne signifie pas la fin du modèle low-cost en tant que tel. À l’échelle mondiale, celui-ci reste dynamique : en Europe, des acteurs comme Ryanair continuent d’afficher des performances financières solides. Aux États-Unis en revanche, la concurrence est plus rude, avec des compagnies traditionnelles comme Delta Air Lines, United Airlines et American Airlines qui dominent le marché.
Le sommet de Rio de Janeiro constitue un rendez-vous important pour l’industrie aérienne, qui cherche à évaluer l’impact de la hausse du kérosène sur sa rentabilité et à anticiper les scénarios à venir. Les déclarations de Willie Walsh reflètent une inquiétude partagée par une partie du secteur, même si tous les transporteurs ne sont pas logés à la même enseigne.