La légende du football anglais Kevin Keegan est décédée à l'âge de 75 ans, a annoncé sa famille dans un communiqué. Ancien attaquant de Liverpool, de Hambourg et de Newcastle United, il reste le seul joueur britannique à avoir remporté deux fois le Ballon d'Or (en 1978 et 1979). Sa carrière, aussi brillante que controversée, a marqué plusieurs générations de supporters.
Un palmarès exceptionnel
Formé à Scunthorpe, Keegan explose sous les ordres de Bill Shankly à Liverpool, où il remporte trois titres de champion d'Angleterre, deux Coupes de l'UEFA et surtout la première Coupe d'Europe du club, en 1977. Transféré au Hambourg SV, il y glane un championnat d'Allemagne et ses deux distinctions individuelles majeures. De retour en Angleterre, il rejoint Newcastle United comme joueur, puis y connaît une seconde vie comme entraîneur. Sous sa direction, les Magpies frôlent le titre de Premier League en 1996, construisant une équipe si séduisante que le président de la FIFA lui-même avait adressé un courrier pour l'en féliciter.
Capitaine et sélectionneur des Three Lions
Keegan reste le seul Anglais à avoir à la fois porté le brassard de capitaine de la sélection nationale (à 31 reprises, dont la Coupe du monde 1982) et occupé le poste de sélectionneur. À la tête de l'Angleterre entre 1999 et 2000, il qualifie l'équipe pour l'Euro 2000 avant de démissionner après une défaite contre l'Allemagne en éliminatoires du Mondial 2002.
Un moment devenu culte
Malgré ce palmarès, Keegan savait que le grand public retiendrait surtout un éclat resté dans les annales. En avril 1996, alors que Newcastle lutte pour le titre face à Manchester United, une interview télévisée le montre s'emporter contre Sir Alex Ferguson, lançant une phrase devenue célèbre : « J'adorerais que ça arrive, j'adorerais ! » (en anglais « I'd love it »). Cette tirade, largement diffusée par la chaîne Sky Sports, a été désignée à plusieurs reprises comme le moment le plus mémorable de l'histoire de la Premier League. Elle préfigurait l'ère moderne du football, où les extraits vidéo et les narrations personnelles dominent la couverture médiatique.
Un héritage intact
Au-delà de cet instant de vulnérabilité, la carrière de Keegan reste celle d'un pionnier. Sa capacité à briller dans trois clubs majeurs, ses distinctions individuelles et son rôle unique au sein de la sélection anglaise en font une figure incontournable du sport britannique. Les hommages affluent depuis l'annonce de son décès, saluant à la fois le joueur d'exception et l'homme passionné qui a incarné le football anglais durant trois décennies.