Kyïv a formellement démenti les accusations de Moscou selon lesquelles un drone ukrainien aurait délibérément frappé la centrale nucléaire de Zaporijia, la plus grande d'Europe, sous contrôle russe. L'armée ukrainienne a qualifié ces allégations de « nouvelle manœuvre de propagande » et a réaffirmé son respect du droit international humanitaire, soulignant qu'elle mesure pleinement les conséquences de tout acte visant des installations nucléaires.
Selon les autorités russes, l'incident s'est produit samedi après-midi lorsqu'un drone kamikaze ukrainien a percuté le bâtiment de la salle des turbines de l'unité de production numéro 6, provoquant une explosion. Le directeur général de l'entreprise publique Rosatom, Alexeï Likhatchev, a déclaré que l'attaque était « délibérée » et qu'elle avait déchiré la paroi du hall. Il a toutefois précisé que les équipements principaux n'avaient pas été endommagés.
De son côté, l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a confirmé dimanche qu'un drone avait touché la centrale, ajoutant que les niveaux de radiation sur le site restaient normaux. Depuis le début de l'invasion russe en février 2022, la centrale a été la cible de multiples tirs, chaque camp accusant l'autre de la viser intentionnellement.
Frappes ukrainiennes contre des infrastructures énergétiques russes
Parallèlement à ce démenti, l'Ukraine a revendiqué dimanche une série de frappes de drones contre des installations énergétiques en Russie. L'état-major général ukrainien a annoncé avoir touché la raffinerie de pétrole de Saratov, dans le sud-ouest de la Russie, provoquant un « incendie de grande ampleur ». Cette raffinerie, propriété de Rosneft, produit du diesel et de l'essence, et approvisionne selon Kyïv l'effort de guerre russe. Le gouverneur local, Roman Boussarguine, a fait état de dégâts sur des « infrastructures civiles » sans fournir de détails immédiats.
Des débris de drone ont également mis le feu à un dépôt de carburant dans la région de Rostov, dans le sud-ouest de la Russie, à la frontière avec l'est de l'Ukraine occupé. Le gouverneur local, Iouri Slioussar, a indiqué sur Telegram que les habitants des maisons voisines avaient été évacués. L'état-major ukrainien a confirmé être à l'origine de cette frappe sur la localité de Matveïev Kourgane.
Plus au nord, une station de pompage pétrolier à Lazarevo, dans la région de Kirov (à plus de 1 200 kilomètres du territoire sous contrôle ukrainien), a été visée. Ce site permet d'acheminer le pétrole russe de Sibérie vers la Biélorussie. Le gouverneur local, Alexandre Sokolov, a confirmé une frappe de drones sur une installation de la région sans donner plus de précisions.
Escalade des frappes sur les infrastructures énergétiques
Depuis plusieurs mois, l'Ukraine intensifie ses attaques contre les installations pétrolières et gazières russes, arguant que ce secteur finance et alimente directement l'invasion lancée par Moscou il y a plus de quatre ans. Ces frappes visent à réduire les capacités logistiques et financières de l'armée russe.
En retour, la Russie a lancé dans la nuit de samedi à dimanche 299 drones contre l'Ukraine. L'armée de l'air ukrainienne a affirmé en avoir abattu 212, tandis que 14 drones ont atteint leurs cibles. Des débris sont tombés dans cinq localités. Des drones russes ont frappé la ville de Dnipro et une raffinerie dans la région de Rivné, provoquant des incendies. Le chef de l'administration régionale de Rivné, Oleksandr Koval, a précisé que personne n'avait été blessé sur le site de la raffinerie et que les services d'urgence étaient sur place.
Réactions internationales et craintes nucléaires
La centrale de Zaporijia, capturée par les forces russes en mars 2022, reste située à proximité de la ligne de front dans la région ukrainienne de Zaporijia (sud-est). Chaque incident alimente les craintes d'un accident nucléaire majeur. L'AIEA suit la situation de près et a maintenu une présence sur le site pour surveiller la sécurité.