Le conflit entre les États-Unis et l'Iran s'achève sur un compromis que des experts décrivent comme une humiliation pour l'administration américaine. Le président Donald Trump a apposé sa signature au bas d'un mémorandum d'entente dont les termes sont considérés comme nettement plus avantageux pour la République islamique que tout accord envisageable avant le déclenchement des hostilités.

Un document à sens unique

Le texte final compte quatorze dispositions. Treize d'entre elles relèvent soit de clauses diplomatiques de pure forme, soit accordent des concessions majeures à Téhéran. L'Iran obtient des avantages militaires et économiques ainsi qu'une reconnaissance de facto de son contrôle sur le détroit d'Ormuz. En échange, Téhéran s'engage à ne pas développer ni acquérir d'armes nucléaires. Des engagements similaires avaient déjà été pris par le passé et n'avaient pas été respectés. Les services de renseignement américains eux-mêmes doutent de la sincérité de la promesse iranienne.

Un revirement coûteux

L'ironie de la situation n'échappe pas aux observateurs. Donald Trump avait retiré les États-Unis de l'accord multilatéral sur le nucléaire iranien négocié sous l'administration Obama, qu'il qualifiait de « pire accord jamais conclu ». Ce précédent traité était pourtant moins coûteux pour Washington, moins généreux pour l'Iran et offrait des garanties de non-prolifération plus solides. Le mémorandum actuel est présenté comme un accord bien plus onéreux pour des bénéfices limités.

Des objectifs de guerre non atteints

L'administration Trump avait fixé des buts de guerre maximalistes : détruire l'industrie balistique iranienne, neutraliser les milices progouvernementales comme le Hezbollah, renverser le régime, choisir son prochain dirigeant et prendre le contrôle du détroit d'Ormuz. Aucun de ces objectifs n'a été atteint. Malgré cet échec, le président a célébré le cessez-le-feu et la levée du blocus comme s'il n'avait joué aucun rôle dans le conflit.

Une République islamique confortée

L'Iran, décrit comme l'un des régimes les plus brutaux et les plus isolés au monde, sort du conflit affaibli militairement et économiquement mais avec une confiance retrouvée. Avant la guerre, le pays était un paria mondial et venait de réprimer dans le sang un soulèvement populaire ayant fait des dizaines de milliers de morts. Aujourd'hui, Téhéran se félicite d'avoir tenu tête aux États-Unis et à Israël, et se voit décrit dans les commentaires occidentaux comme une puissance ascendante.

Une tentative de séduction coûteuse

La logique qui sous-tend ce mémorandum est celle d'un pari : puisque la force n'a pas permis de déloger le régime révolutionnaire iranien, peut-être que des incitations financières massives le conduiront à renoncer à son identité. Depuis la révolution de 1979, chaque président américain a souhaité améliorer les relations avec Téhéran, un objectif qui servirait les intérêts des deux nations. Le pari actuel consiste à tenter d'acheter ce que la guerre n'a pas su obtenir.