Le conflit armé opposant les États-Unis et Israël à l'Iran touche à sa fin. Un accord de cessez-le-feu, qui doit être signé vendredi à Genève, devrait mettre un terme à une guerre qui n'a atteint aucun des buts fixés à son commencement. Ce dénouement intervient dans un contexte de profondes divisions politiques internes, tant à Washington qu'à Jérusalem, et laisse les deux alliés dans une position bien plus fragile qu'au début des hostilités.

Selon des informations concordantes, l'administration américaine, par la voix de ses représentants, a indiqué que l'accord prévoit une extension de la trêve sur une période de soixante jours. Parmi les dispositions clés figurent la réouverture du détroit d'Ormuz et la levée du blocus naval décrété par les États-Unis, permettant à nouveau la circulation du pétrole dans la région. En contrepartie, Téhéran se serait engagé à ne pas percevoir de péage sur ce passage stratégique durant la même durée, selon des informations diffusées par les médias d'État iraniens.

Un revers stratégique pour Washington

Ce conflit, mené conjointement par les forces américaines et israéliennes, n'a pas abouti aux résultats escomptés. Au lieu d'affaiblir le régime iranien, il semble avoir renforcé la position des factions les plus dures à Téhéran et, selon plusieurs analystes, pourrait les inciter à accélérer leurs efforts pour se doter de l'arme nucléaire. Le président Trump, qui avait lancé les hostilités avec une grande confiance, se retrouve aujourd'hui en position de faiblesse.

Tensions entre alliés

La gestion de cette guerre a également exacerbé les tensions entre Donald Trump et le premier ministre israélien Benyamin Netanyahou. Le président américain, pressé d'en finir avec un conflit coûteux sur les plans économique et politique, aurait reproché à son homologue israélien des actions militaires menaçant de faire échouer les négociations. Ce différend public illustre une profonde divergence de vue sur la stratégie et les priorités.

Affaiblissement politique intérieur

Sur le plan intérieur américain, ce conflit pèse lourdement sur l'administration Trump. L'impatience de la population face au coût économique de la guerre et la crainte de répercussions négatives lors des élections de mi-mandat ont poussé le président à privilégier une sortie rapide, quelles qu'en soient les conditions. Le chef de l'État, qui a tenté de présenter l'accord comme une victoire, aurait exprimé en privé sa colère contre les faucons de son propre camp qui critiquent les termes du cessez-le-feu. Ses partisans au sein du Parti républicain, pourtant proches de lui, remettent en question la solidité de l'accord.

Un leadership contesté

Selon des proches et des conseillers, le président a qualifié le futur accord de victoire nette, tout en s'irritant des comparaisons défavorables avec l'accord nucléaire négocié sous l'administration Obama. Dans les coulisses de l'exécutif, une lutte intestine oppose les partisans d'une sortie rapide du conflit, soutenus par le président, à ceux qui exigent des garanties plus strictes. La volonté de Donald Trump de mettre fin à la guerre, sans égard pour les conditions, révèle sa crainte de voir l'issue du conflit ternir son image.

Les conséquences de cette guerre pourraient accélérer ce que certains observateurs décrivent comme une « sortie de piste » de la présidence. Confronté à des sondages défavorables et à une base républicaine mécontente, le chef de l'État pourrait bientôt faire face à un Congrès dominé par l'opposition. Sur la scène internationale, des dirigeants qui le craignaient auparavant n'hésitent plus à le défier. L'échec militaire en Iran, et la manière dont il s'est produit, pourraient bien précipiter une perte d'influence irréversible pour une administration américaine déjà vacillante.