Décision judiciaire partielle

Blake Lively a obtenu une victoire partielle dans la poursuite qui l’opposait à Justin Baldoni, son ancien partenaire à l’écran. Le juge fédéral Lewis J. Liman a statué que l’actrice peut recouvrer les frais de justice engagés pour se défendre contre la contre-plainte en diffamation déposée par Baldoni après qu’elle l’eut elle-même attaqué en justice. En revanche, la magistrate a rejeté la demande de dommages-intérêts punitifs et de triplement des sommes réclamées par la star de « Gossip Girl ».

Ce verdict, rendu public le 12 juin, s’appuie sur une législation californienne adoptée il y a deux ans. Ce texte vise à protéger les victimes de harcèlement sexuel contre les actions en justice dilatoires ou intimidantes intentées en représailles à leurs accusations. Le juge a estimé que les conditions de cette loi étaient remplies, car la plainte pour diffamation avait été rejetée et que les accusateurs n’avaient pas prouvé que Lively avait agi avec malveillance en portant ses allégations.

Contexte du litige

L’affaire trouve son origine dans le tournage du film « It Ends With Us », sorti en 2024. Blake Lively avait accusé Justin Baldoni – réalisateur et acteur du long-métrage – de harcèlement sexuel sur le plateau, et affirmé avoir été la cible d’une campagne de dénigrement orchestrée par Baldoni et ses proches. En réponse, Baldoni avait intenté une action en diffamation contre l’actrice et sa société de production, Wayfarer Studios LLC.

En mai 2026, les deux parties avaient conclu un accord à l’amiable, mettant fin aux poursuites pour représailles sans que Lively ne reçoive de compensation financière directe. Toutefois, cet accord lui réservait la possibilité de demander le remboursement de ses frais juridiques dans le cadre d’une autre procédure – celle qui vient d’aboutir.

Analyse de la décision

Dans son ordonnance de 47 pages, le juge Liman a souligné que la loi californienne prévoit que le plaignant doit payer les honoraires et frais du défendeur si l’action en diffamation est rejetée, sauf si le plaignant peut démontrer que la partie adverse a agi avec malveillance. « Les allégations ne suffisent pas à prouver la malveillance ; cette détermination nécessite des éléments de preuve », a écrit le magistrat. Il a ajouté que Baldoni et Wayfarer Studios n’avaient présenté que peu de preuves pour étayer leurs accusations de malveillance.

L’avocate de Blake Lively n’a pas encore chiffré le montant des honoraires réclamés. Ce calcul, qui fera probablement l’objet de contestations, reste à définir. La magistrate a également écarté la demande de dommages-intérêts punitifs, jugeant que la procédure juridique choisie par Lively ne permettait pas de les obtenir.

Un accord de non-appel

Les deux parties ont convenu, dans le cadre de leur accord global, de ne pas faire appel de cette décision. Aucun commentaire n’a été émis par les représentants de Blake Lively ou de Justin Baldoni à l’issue du jugement.

Cette décision marque un nouveau chapitre dans un conflit très médiatisé qui a opposé deux figures d’Hollywood, tout en posant un précédent sur l’application des lois anti‑SLAPP (Strategic Lawsuit Against Public Participation) au niveau fédéral dans des affaires liées à des accusations de harcèlement sexuel.