Washington explore une nouvelle option dans l'océan Indien. Selon des informations concordantes, le président des États-Unis, Donald Trump, envisagerait d'acquérir les îles Chagos auprès de la République de Maurice. Ce projet intervient alors que les négociations entre le Royaume-Uni et Maurice sur la souveraineté de cet archipel sont au point mort, après que l'administration américaine a bloqué l'accord en cours.
Un intérêt centré sur Diego Garcia. L'archipel des Chagos, situé au cœur de l'océan Indien, abrite la base militaire conjointe américano-britannique de Diego Garcia. Cet équipement stratégique est au cœur de l'intérêt de Donald Trump. En achetant directement les îles à Maurice, Washington contournerait les autorités britanniques et s'assurerait le contrôle exclusif de cette installation cruciale pour ses opérations militaires dans la région.
Un blocage préalable. La démarche américaine fait suite à l'opposition de la Maison-Blanche au projet de cession de souveraineté sur les Chagos que le Royaume-Uni négociait avec Maurice. Ce litige, qui dure depuis plusieurs décennies, oppose Londres et Port-Louis. Les États-Unis ont jusqu'à présent soutenu la position britannique, mais la nouvelle approche de l'administration Trump changerait la donne en proposant un règlement direct avec Maurice.
Des obstacles juridiques et diplomatiques. Avant qu'une telle transaction puisse aboutir, les îles Chagos devraient d'abord obtenir leur souveraineté. Or, leur statut actuel est contesté. La Cour internationale de justice (CIJ) a rendu un avis consultatif en 2019 estimant que le Royaume-Uni devait mettre fin à son administration des Chagos « dans les plus brefs délais ». L'Assemblée générale des Nations unies a également voté une résolution exigeant le retrait britannique. Le nouveau scénario impliquerait donc une reconnaissance préalable de la souveraineté mauricienne, puis une cession à Washington.
Un parallèle avec le Groenland. Ce projet n'est pas isolé dans la stratégie du président américain. Il s'inscrit dans une série de démarches visant à étendre l'influence et le contrôle des États-Unis sur des territoires d'importance stratégique. Donald Trump a déjà exprimé son souhait d'acquérir le Groenland, territoire autonome du Danemark. L'idée d'acheter les îles Chagos s'inscrit dans cette même logique de sécurisation de positions clés, en particulier dans l'océan Indien, où la compétition avec la Chine s'intensifie.
Des réactions attendues. Du côté de Maurice, le gouvernement n'a pas encore officiellement commenté cette éventualité. Le Premier ministre mauricien, Pravind Jugnauth, a toujours défendu la souveraineté de son pays sur les Chagos. Il reste à voir si Port-Louis accepterait une cession à titre onéreux de ce territoire, alors que la population chagossienne, contrainte à l'exil dans les années 1960-1970, revendique son droit au retour. Le Royaume-Uni, de son côté, pourrait voir d'un mauvais œil un accord qui l'exclurait d'une base qu'il partage avec les États-Unis depuis des décennies.
Un processus incertain. La faisabilité juridique et politique d'un tel achat reste très hypothétique. Les îles Chagos sont actuellement administrées par le Royaume-Uni en tant que Territoire britannique de l'océan Indien, et leur souveraineté est disputée par Maurice. Si les États-Unis parvenaient à un accord direct avec Port-Louis, ils contourneraient Londres, ce qui risquerait de provoquer une crise diplomatique majeure. En outre, toute transaction devrait être compatible avec le droit international et les résolutions des Nations unies. Pour l'heure, l'information, rapportée par la presse britannique, n'a été ni confirmée ni démentie par la Maison-Blanche.