L'administration Trump a annoncé, jeudi 18 juin, qu'elle suspendait son projet de démantèlement du réseau d'observation des océans, connu sous le nom d'Ocean Observatories Initiative (OOI). Cette décision intervient après des semaines de contestation menée par des élus des deux partis et des scientifiques, alertant sur l'importance de ces données pour la météorologie, la pêche et le suivi du climat.

Le gouvernement fédéral avait annoncé sans préavis, au mois de mai, son intention de retirer les instruments déployés dans le cadre de ce programme, dont la construction a coûté plus de 350 millions de dollars. Cette annonce, qui n'était accompagnée d'aucune explication officielle, avait immédiatement suscité des inquiétudes, beaucoup y voyant une volonté de réduire la recherche sur le changement climatique.

Le Sénat avait voté pour bloquer le démantèlement

Mercredi, le Sénat américain a adopté un texte bipartisan visant à interdire le retrait des équipements sous-marins. Cette pression législative a visiblement conduit l'exécutif à revoir sa position. La National Science Foundation (NSF), chargée de la gestion du programme, a indiqué qu'elle mettait fin aux opérations de démontage en cours et qu'elle reprendrait l'entretien régulier des installations, ainsi que les opérations de maintenance prévues.

Le réseau OOI comprend une série de capteurs, de bouées et de câbles sous-marins répartis sur plusieurs sites dans l'océan Atlantique et le Pacifique. Il collecte en continu des données sur la température, la salinité, les courants et la composition chimique de l'eau. Ces informations sont utilisées par les services météorologiques pour améliorer les prévisions, par les autorités halieutiques pour gérer les stocks de poissons, et par les climatologues pour modéliser l'évolution du climat.

Des interrogations subsistent sur l'état du réseau

Si la décision de maintenir le système en activité a été saluée, plusieurs experts s'interrogent sur les dégâts déjà causés. Pendant le mois qui a suivi l'annonce du démantèlement, des équipes ont pu retirer ou endommager certains équipements. La question de la continuité des séries de données, essentielles pour la recherche, reste posée. Aucun bilan précis n'a encore été communiqué par la NSF sur l'état exact des capteurs.

Zoe Lofgren, élue démocrate de Californie et membre de la commission scientifique de la Chambre des représentants, a confirmé que la décision de faire marche arrière avait été prise, sans toutefois fournir de détails sur les modalités de la transition ni sur les éventuelles pertes subies par le programme.

Cette volte-face marque un épisode rare de concession de la part de l'administration sur un dossier scientifique. Elle illustre également la capacité de mobilisation transpartisane autour d'enjeux dont les retombées touchent à la fois l'économie, la sécurité et la recherche fondamentale.