Le 18 juin, l'administration Trump a fait volte-face sur son projet de démantèlement d'un vaste système de balises d'observation océanique, une infrastructure scientifique majeure qui permet notamment de surveiller les écosystèmes marins, les courants influençant le climat mondial et les risques d'inondations côtières.

La Fondation nationale pour la science (NSF) a annoncé avoir « pris acte des préoccupations exprimées » et ordonné l'arrêt immédiat du démantèlement. Dans un communiqué, la NSF a précisé qu'elle « ne procédera pas à d'autres retraits ni à la réduction du périmètre des équipements des réseaux restants, et poursuivra les opérations, y compris la maintenance prévue ».

Un équipement d'une valeur de plusieurs centaines de millions d'euros

Ce réseau, composé de 900 instruments répartis dans les océans du globe, a été acquis pour un coût de 316 millions d'euros. Il constitue un outil d'observation unique au monde, selon les scientifiques. Sa fonction principale est de fournir des données en continu sur les variations océaniques, notamment les vagues de chaleur marines, les courants puissants qui régulent le climat, et les phénomènes côtiers dangereux.

Le projet initial de démantèlement avait suscité une vive opposition, tant chez les élus démocrates que républicains, qui y voyaient à la fois un gaspillage financier et un danger pour les populations vivant en bord de mer. L'absence de ces données aurait gravement entravé la capacité à prévoir les tempêtes et à comprendre l'évolution du climat.

Une décision saluée par les défenseurs de l'environnement

Chris Robbins, directeur associé de l'organisation Ocean Conservancy, a exprimé son soulagement dans un communiqué transmis à l'Agence France-Presse. « Nous ne pouvions tout simplement pas nous permettre de nous débarrasser de cette infrastructure sans égale dans le monde », a-t-il déclaré, soulignant l'importance cruciale de maintenir une veille océanique fiable.

Cette décision marque un recul significatif de l'administration Trump sur un dossier environnemental et scientifique qui avait cristallisé les critiques. Le maintien en fonctionnement de ce réseau permet de préserver une capacité d'alerte et d'étude indispensable alors que les effets du changement climatique sur les océans s'accentuent.