Le cinéma italien livre une œuvre sobre et dense avec « L’Affaire Zanetti », où le comédien Roschdy Zem prête ses traits à un criminologue lancé dans l’exploration des mécanismes d’un crime familial. Le metteur en scène Leonardo Di Costanzo, connu pour son regard acéré sur les dynamiques sociales, signe ce drame dont l’intrigue repose sur un sororicide — le meurtre d’une sœur.

Roschdy Zem incarne un spécialiste des comportements criminels qui cherche à déchiffrer l’incompréhensible. Le personnage tente de pénétrer les zones d’ombre d’un passage à l’acte aussi brutal que mystérieux. Le film s’attache à l’hypothèse que, pour comprendre le mal, il faut en accepter l’énigme plutôt que de prétendre la dissiper.

La mise en scène de Di Costanzo privilégie les silences et les non-dits. Chaque plan semble pesé, chaque réplique chargée d’une tension contenue. Le réalisateur évite les effets spectaculaires au profit d’une observation clinique du cheminement psychologique de son protagoniste. Cette approche épurée sert le thème central : la difficulté d’expliquer l’inexplicable.

Le film interroge également la frontière entre rationalité scientifique et vertige moral. Le criminologue, armé de ses méthodes, se heurte à l’irrationnel qui entoure le geste meurtrier. Cette quête de sens le confronte à ses propres limites, transformant l’enquête en introspection douloureuse.

« L’Affaire Zanetti » s’inscrit dans une tradition de cinéma d’auteur où la psychologie des personnages prime sur l’action. Leonardo Di Costanzo confirme sa capacité à filmer les tourments intérieurs avec une retenue qui amplifie l’émotion. La performance de Roschdy Zem, tout en nuances, ancre le récit dans une humanité troublante.

Sans tomber dans le sensationnalisme, le long-métrage propose une réflexion sur la nature du mal et sur la manière dont la société tente de le rationaliser. Il laisse planer un doute salutaire sur la possibilité même de saisir les racines d’un crime aussi radical. Le spectateur est invité à cheminer avec ce personnage en quête de réponses, sans garantie d’en trouver.

Le film a été présenté à plusieurs festivals et bénéficie d’un accueil critique mesuré mais respectueux, saluant notamment l’interprétation sobre et habitée de Roschdy Zem ainsi que la maîtrise formelle de Di Costanzo. Une œuvre qui, par sa discrétion, interpelle davantage qu’un discours frontal sur la violence.