Ken Leech, figure emblématique des marchés obligataires, va plaider coupable dans une procédure judiciaire américaine. L'ancien dirigeant de Western Asset Management est poursuivi pour une pratique controversée de sélection frauduleuse de transactions, connue sous le nom de « cherry picking », et pour avoir entravé l'enquête des autorités.

L'affaire, qui secoue le monde de la gestion d'actifs, porte sur des opérations réalisées entre 2013 et 2023. Selon les accusations, Ken Leech aurait attribué à certains comptes clients les transactions les plus profitables, tout en laissant les moins performantes à d'autres portefeuilles, une méthode dite de « cherry picking » (écrémage). Cette pratique, si elle est avérée, violerait les règles fiduciaires des gestionnaires de portefeuille.

Plaider coupable pour obstruction

La décision de plaider coupable intervient après des mois de négociations. Leech a accepté de reconnaître sa culpabilité pour le chef d'obstruction à la procédure, un délit qui peut entraîner une peine d'emprisonnement. L'accord avec les procureurs n'a pas encore été rendu public dans son intégralité, mais il devrait inclure des détails sur les montants en jeu et les peines encourues.

Selon les documents judiciaires, l'enquête a été menée par le département de la Justice américain, qui a notamment examiné des milliers de transactions. Les autorités reprochent à l'ancien gestionnaire d'avoir tenté de dissimuler ses agissements lorsque les premières suspicions sont apparues.

Un parcours prestigieux entaché

Ken Leech était considéré comme l'un des meilleurs gestionnaires obligataires de sa génération. Il a rejoint Western Asset Management en 1990 et en est devenu le directeur des investissements. Sous sa direction, la société a géré jusqu'à 450 milliards de dollars d'actifs. Sa chute a été brutale : il a été suspendu de ses fonctions en août 2024, puis a quitté l'entreprise.

Cette affaire a également eu des répercussions sur la maison mère de Western Asset Management, Franklin Templeton, qui a dû faire face à des sorties massives de capitaux et à une chute de son cours de bourse. La société a depuis engagé des réformes de ses procédures de contrôle.

Les chefs d'accusation

Au-delà de l'obstruction, les enquêteurs avaient initialement ciblé des faits de fraude et de manipulation de marché. Le plaider-coupable porte pour l'instant sur le volet « obstruction », mais des charges supplémentaires pourraient être abandonnées dans le cadre de l'accord.

L'audience de prononcé de la peine devrait avoir lieu dans les prochains mois. En attendant, Ken Leech reste libre sous caution.