Plusieurs sources, dont des organisations de défense des droits humains, ont documenté l'utilisation par l'armée israélienne de projectiles au phosphore blanc au-dessus de zones civiles libanaises. Selon des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux et vérifiées, le 30 mai, la localité de Nabatieh aurait été visée par ces munitions. Le phosphore blanc est un agent chimique qui provoque des brûlures profondes, des lésions respiratoires et peut entraîner la mort.
Un agent non interdit mais encadré Contrairement à certaines armes chimiques, le phosphore blanc n'est pas formellement prohibé par le droit international. Toutefois, son usage dans des zones densément peuplées est sévèrement critiqué en raison de ses effets indiscriminés. Des experts juridiques soulignent que son emploi peut constituer une violation du droit international humanitaire s'il n'est pas strictement limité à des objectifs militaires et s'il expose des civils à des risques disproportionnés. L'Organisation des Nations unies a par le passé qualifié ses conséquences de « blessures cruelles ».
Un contexte régional tendu Ces révélations interviennent alors que les hostilités entre Israël et le Hezbollah ont repris. Après une frappe conjointe israélo-américaine contre l'Iran à la fin février, l'aviation israélienne a intensifié ses bombardements sur les positions de la milice chiite libanaise. Début mars, le Hezbollah avait riposté en tirant des projectiles sur des localités du nord d'Israël. Un cessez-le-feu, annoncé mercredi à l'issue de discussions trilatérales à Washington, a été rejeté par le Hezbollah. Depuis, les raids israéliens se sont poursuivis, faisant neuf morts, dont trois membres de l'armée libanaise.
Qu’est-ce que le phosphore blanc ? Le phosphore blanc est une substance solide cireuse qui s'enflamme spontanément au contact de l'air, produisant une chaleur intense et une fumée épaisse. Utilisé initialement pour créer des écrans de fumée ou éclairer des champs de bataille, il est également employé comme agent incendiaire. Lorsqu'il touche la peau, il continue de brûler jusqu'à ce qu'il soit privé d'oxygène ou que la zone soit complètement refroidie, ce qui rend les soins médicaux extrêmement complexes. L'inhalation de ses vapeurs peut provoquer des œdèmes pulmonaires fatals.
Réactions et implications Des responsables libanais ont dénoncé l'emploi de ces munitions comme une escalade dangereuse. Le président libanais Joseph Aoun a qualifié le cessez-le-feu négocié de « dernière chance » pour parvenir à une trêve globale. De son côté, l'armée israélienne n'a pas officiellement commenté ces allégations spécifiques. La communauté internationale suit avec attention ces développements, qui ravivent les débats sur l'encadrement des armes incendiaires en milieu urbain.