L'armée israélienne a annoncé, dimanche 31 mai 2026, s'être emparée de la forteresse médiévale de Beaufort, située dans le sud du Liban. Le ministre de la Défense, Israël Katz, a confirmé que les troupes avaient pris ce site historique, qui offre une position dominante sur la vallée de la Litani.

Le Premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, a qualifié cette conquête de « tournant décisif » dans le conflit qui oppose son pays au Hezbollah. Selon lui, la maîtrise de ce point haut permet de contrôler une vaste zone et de menacer les infrastructures du mouvement chiite dans la région.

Un lieu chargé d'histoire

Construite à l'époque des Croisades, au XIIe siècle, la forteresse de Beaufort a déjà été utilisée par l'armée israélienne lors de l'occupation du sud du Liban, qui a duré de 1978 à 2000. Pendant cette période, le site servait de base militaire. Sa reprise par les forces de Tsahal constitue un symbole fort, tant sur le plan militaire que sur le plan psychologique.

Des images diffusées montrent les soldats israéliens plantant leur drapeau sur les remparts du château, une mise en scène qui rappelle les précédentes occupations du lieu.

Extension de l'offensive

La prise de Beaufort s'inscrit dans une offensive plus large. L'armée israélienne a émis des ordres d'évacuation pour toutes les zones situées au sud du fleuve Zahrani, repoussant ainsi la limite de ses opérations plus au nord. Les habitants de plusieurs villages du sud du Liban ont reçu des appels à quitter leurs habitations. Les frappes aériennes et les tirs d'artillerie se sont intensifiés ces derniers jours, visant des positions du Hezbollah.

L'objectif affiché est de repousser le mouvement chiite loin de la frontière israélienne et de détruire ses capacités de tir. L'avancée terrestre, appuyée par des moyens aériens conséquents, se heurte toutefois à une résistance organisée.

Fermeté de la communauté internationale

La France a réagi avec fermeté à cette escalade. Paris estime qu'Israël a commis une « faute majeure » en poursuivant sa progression sur le territoire libanais. La ministre des Affaires étrangères a demandé une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU pour examiner la situation. Le Quai d'Orsay a rappelé l'attachement de la France à la souveraineté et à l'intégrité territoriale du Liban.

D'autres capitales occidentales ont également exprimé leur préoccupation. Les appels à la retenue se multiplient, alors que le conflit risque de s'étendre davantage et de provoquer une nouvelle crise humanitaire dans une région déjà meurtrie.

Conséquences humanitaires

Sur le terrain, la population civile subit les conséquences de cette offensive. Les bombardements ont provoqué des destructions massives dans plusieurs localités. Des images montrent des colonnes de fumée s'élevant au-dessus des villages, notamment autour de Yohmor, situé à proximité de la forteresse. Les services de secours libanais peinent à accéder à certaines zones en raison des combats.

De nombreux habitants ont fui vers le nord, cherchant refuge dans les villes côtières ou dans la banlieue de Beyrouth. Les organisations humanitaires tirent la sonnette d'alarme face à la détérioration des conditions de vie et à l'absence de corridors sécurisés pour l'acheminement de l'aide.