L'Assemblée nationale a observé une minute de silence en hommage à Noahm, jeune homme de 19 ans décédé le 2 juin des suites de ses blessures après une violente agression survenue dans la nuit du 29 au 30 mai à Metz. Ce geste de recueillement, intervenu dans l'hémicycle, a été salué par les proches de la victime et plusieurs associations de lutte contre les violences homophobes.

Une enquête qui évolue vers la piste homophobe

Alors que les proches de Noahm dénonçaient depuis le premier jour une agression à caractère homophobe, le parquet de Metz a annoncé, le 11 juin, élargir son enquête à une « possible circonstance aggravante liée à l'orientation sexuelle de la victime ». Jusqu'à cette annonce, cette dimension n'était pas retenue dans les poursuites visant les deux suspects. Le procureur de la République a fait savoir, dans un communiqué, que cette piste était désormais explorée, répondant aux demandes répétées de la famille et des associations.

Les faits

Noahm avait été violemment frappé à plusieurs reprises dans la nuit du 29 au 30 mai. Initialement présenté comme impliqué dans une rixe, il avait été hospitalisé dans un état de mort cérébrale avant de succomber le 2 juin. Ses proches avaient immédiatement évoqué des insultes homophobes proférées lors de l'agression, affirmant que les auteurs l'avaient traité de « pédé » et de « pédale ». Ces éléments avaient été contestés dans les premiers jours de l'enquête.

Une mobilisation politique

La minute de silence à l'Assemblée nationale témoigne de l'écho politique que suscite cette affaire. Plusieurs élus ont pris la parole pour dénoncer les violences homophobes et appeler à une reconnaissance pleine et entière du mobile discriminatoire. « Ce temps de recueillement est un signe fort envoyé à la société, mais il ne doit pas être un simple geste formel. Il doit s'accompagner d'actions concrètes pour protéger les personnes LGBTQI+ », a déclaré une députée.

Les réactions des associations

Des associations de défense des droits des personnes homosexuelles ont salué l'évolution de l'enquête tout en rappelant que la mort de Noahm s'inscrit dans un contexte plus large de violences homophobes en France. Elles appellent à une meilleure formation des forces de l'ordre et des magistrats pour identifier et prendre en compte ces crimes dès les premières constatations. « Chaque jour, des personnes sont agressées parce qu'elles sont ou paraissent homosexuelles. Il est temps que la justice prenne la mesure de ces actes », ont-elles souligné.

La suite judiciaire

Les deux suspects, déjà mis en examen pour violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner, pourraient voir leur qualification pénale alourdie si la circonstance aggravante liée à l'orientation sexuelle est retenue. L'enquête se poursuit sous la direction d'un juge d'instruction. La famille de Noahm, soutenue par plusieurs associations, attend désormais que la justice fasse toute la lumière sur les circonstances du drame et reconnaisse la nature homophobe de l'agression.