L’Assurance Maladie a présenté, jeudi, son rapport annuel sur les charges et produits du système de santé. Ce document, destiné au gouvernement, formule une quarantaine de propositions visant à réaliser environ 4 milliards d’euros d’économies à l’horizon 2027. L’objectif est de contenir la progression des dépenses de santé, alors que la part de patients atteints d’une maladie chronique devrait passer de 38 % en 2024 à plus de 44 % en 2035, selon les projections de l’organisme.

Lutte contre le tabac et nouvelles obligations

Parmi les pistes avancées figure une mesure radicale de « génération sans tabac », qui consisterait à empêcher l’accès aux produits du tabac pour les personnes nées après une certaine date. Le rapport préconise également de rendre obligatoire le port du casque pour les cyclistes, une disposition qui pourrait réduire le nombre et la gravité des traumatismes crâniens, et donc les coûts de prise en charge.

La généralisation du Nutri-score sur l’ensemble des produits alimentaires transformés est aussi recommandée. Selon l’Assurance Maladie, un meilleur étiquetage nutritionnel contribuerait à lutter contre l’obésité et les pathologies associées, pesant sur les finances de la Sécurité sociale.

Révision des traitements et lutte contre la fraude

L’organisme propose par ailleurs de raccourcir la durée de certains traitements en oncologie, lorsque les études cliniques le justifient, afin d’éviter des soins superflus et coûteux. La chasse aux arrêts de travail frauduleux est également renforcée : des contrôles plus stricts et des sanctions alourdies sont envisagés.

La surconsommation de médicaments est pointée du doigt. L’Assurance Maladie recommande de limiter les prescriptions de produits dont l’efficacité est jugée insuffisante ou qui pourraient être remplacés par des alternatives moins onéreuses.

Un système sous pression

Le vieillissement de la population et l’augmentation de la multimorbidité – plus de 18 % des patients souffriront de plusieurs maladies chroniques simultanément d’ici 2035, contre 15 % actuellement – accentuent la pression sur les comptes de la branche maladie. L’organisme estime que les dépenses de santé ne doivent pas croître plus vite que la richesse nationale, ce qui implique des réformes structurelles.

Ces propositions interviennent dans un contexte de déficit persistant de la Sécurité sociale et alors que les candidats à l’élection présidentielle de 2027 devront se positionner sur le financement du système de santé. Le gouvernement devrait intégrer une partie de ces recommandations dans les prochains projets de loi de financement de la Sécurité sociale.