L'économie du Royaume-Uni a enregistré un recul de 0,1 % au mois d'avril, une première baisse depuis plusieurs mois, selon les données officielles publiées vendredi. Ce repli du produit intérieur brut (PIB) intervient après une croissance de 0,3 % en mars, et traduit l'impact croissant du conflit au Moyen-Orient, en particulier la fermeture du détroit d'Ormuz par l'Iran.
Une croissance entravée par la flambée des prix de l'énergie
La guerre menée par les États-Unis et Israël contre l'Iran a provoqué une hausse significative des prix de l'énergie, les opérations militaires ayant perturbé une voie maritime cruciale pour le commerce mondial. Cette tension géopolitique a directement affecté l'économie britannique, qui dépend fortement des importations énergétiques. Le chancelier de l'Échiquier, Rachel Reeves, a souligné que l'économie était en bonne santé avant le déclenchement du conflit, tout en critiquant vivement ce qu'elle a qualifié de « folie » de l'ancien président Donald Trump dans le déclenchement de cette guerre.
Des craintes de récession au deuxième trimestre
Ces chiffres alimentent les inquiétudes quant à une possible contraction de l'économie britannique sur l'ensemble du deuxième trimestre 2026. L'Office for National Statistics (ONS) a publié ces données, qui montrent que la vigueur affichée au premier trimestre s'est inversée sous l'effet des pressions extérieures. Les économistes anticipent désormais une période de ralentissement économique, accentuée par l'incertitude liée à la durée et à l'ampleur du conflit au Moyen-Orient.
Des secteurs clés touchés
Le recul du PIB en avril est attribué à une baisse de l'activité dans plusieurs secteurs, notamment l'industrie manufacturière et les services. La hausse des coûts de l'énergie a pesé sur la production industrielle, tandis que la confiance des consommateurs a été érodée par la perspective d'une hausse des prix et d'une incertitude économique prolongée. Les analystes notent que la reprise post-pandémique, déjà fragile, est désormais menacée par ce choc externe.
Réactions politiques
La chancelière Rachel Reeves a insisté sur le fait que le gouvernement travailliste avait hérité d'une économie solide, mais que les conséquences de la guerre iranienne, qu'elle impute à la politique de Donald Trump, compromettent cette dynamique. Elle a réaffirmé l'engagement du gouvernement à soutenir l'économie et les ménages face à la flambée des prix de l'énergie, sans détailler de mesures concrètes pour l'instant.
Perspectives
Alors que le conflit se poursuit, les prévisions économiques pour le Royaume-Uni restent sombres. La Banque d'Angleterre pourrait être amenée à ajuster sa politique monétaire pour faire face à la stagflation naissante, avec une croissance atone et une inflation alimentée par les coûts énergétiques. Les prochains mois seront décisifs pour évaluer l'ampleur des dégâts sur l'économie britannique et les capacités de réponse du gouvernement.