La nouvelle accélération de l'inflation aux États-Unis, portée à 4,2 % sur un an en mai selon les données publiées le 10 juin par le Bureau des statistiques du travail, complique sérieusement les ambitions présidentielles en matière de politique monétaire. Pour le troisième mois consécutif, la hausse des prix à la consommation s'intensifie, réduisant d'autant la probabilité d'un assouplissement monétaire que DonaldTrump appelle pourtant de ses vœux.
Des prix sous pression pétrolière
Cette flambée s'explique en grande partie par le conflit prolongé en Iran, qui perturbe les approvisionnements énergétiques mondiaux. Les prix du pétrole ont grimpé, et cette hausse se répercute sur l'ensemble des biens de consommation, notamment les carburants et le transport. L'inflation « sous-jacente » – qui exclut l'alimentation et l'énergie – a augmenté de 0,2 % en mai, pour un glissement annuel de 2,9 %, un niveau encore supérieur à l'objectif de 2 % que s'est fixé la Réserve fédérale (Fed).
Un dilemme pour le nouveau président de la Fed
Kevin Warsh, qui présidera la semaine prochaine sa première réunion à la tête de la Fed, se trouve ainsi confronté à un choix délicat. D'un côté, le locataire de la Maison-Blanche l'exhorte à réduire les taux d'intérêt pour stimuler l'économie avant les élections de mi-mandat. De l'autre, les indicateurs économiques le contraignent à maintenir, voire à relever les taux pour tenter d'endiguer la poussée inflationniste. Warsh avait pourtant assuré devant le Congrès, lors de son processus de confirmation, qu'il ferait preuve d'une « stricte indépendance » vis-à-vis du pouvoir exécutif.
Les marchés anticipent un statu quo
Les investisseurs tablent désormais sur un maintien des taux directeurs à leur niveau actuel à l'issue de la prochaine réunion du comité de politique monétaire de la Fed. La persistance de l'inflation liée aux tensions géopolitiques au Moyen-Orient empêche toute baisse rapide des coûts d'emprunt, contrecarrant le scénario économique espéré par l'administration Trump.
Un contexte politique tendu
Cette situation fragilise également la position des républicains à l'approche des élections de mi-mandat. Alors que les ménages américains subissent une hausse du coût de la vie, le président a récemment affirmé qu'il ne pensait pas à la situation financière des Américains, une déclaration qui a suscité l'inquiétude au sein de son propre camp. L'enlisement du conflit iranien et ses conséquences inflationnistes pourraient ainsi peser lourdement sur les résultats électoraux.