Une escalade continue
Les hostilités entre Washington et Téhéran ont connu une nouvelle escalade dans la nuit du 8 au 9 juillet, avec des tirs de missiles iraniens interceptés au-dessus de la Jordanie — pays qui abrite des forces américaines — selon un porte-parole du gouvernement jordanien. Quelques heures plus tôt, l'Iran avait menacé d'étendre ses attaques à d'autres sites militaires américains dans la région. Dans la foulée, des drones et des missiles iraniens ont frappé des bases américaines situées au Koweït, à Bahreïn et au Qatar, cibles déjà visées lors de précédents épisodes du conflit.
De son côté, le commandement militaire américain a indiqué avoir frappé plus de 170 cibles en Iran au cours des dernières 48 heures, soit une intensité et un rythme nettement supérieurs aux accrochages précédents survenus depuis l'entrée en vigueur de la trêve. Ces frappes visaient à réduire la capacité de l'Iran à attaquer les navires marchands dans le détroit d'Ormuz, a précisé le Pentagone.
L'Iran a affirmé que les bombardements américains avaient touché une voie ferrée reliant Téhéran à la ville sainte de Machhad, où l'enterrement de l'ayatollah Ali Khamenei, le guide suprême défunt, devait avoir lieu plus tard dans la journée. Les autorités ferroviaires ont annoncé que des bus assureraient le transport des passagers bloqués. L'armée américaine n'a pas immédiatement commenté cette allégation.
Cessez-le-feu ébranlé
Depuis l'accord de cessez-le-feu conclu en juin, des périodes de calme précaire ont alterné avec des attaques contre le trafic commercial — attribuées à l'Iran —, suivies de représailles américaines et iraniennes, de nouvelles menaces, de signaux contradictoires sur d'éventuelles négociations, puis d'une nouvelle accalmie. Ce cycle s'est répété une fois de plus, sans qu'aucun des deux camps ne montre de volonté de reculer.
Des médiateurs régionaux, notamment le Premier ministre qatari, cheikh Mohammed ben Abdoulrahmane Al Thani, se sont entretenus avec plusieurs homologues de la région ainsi qu'avec le ministre iranien des Affaires étrangères, tout en condamnant les attaques contre les navires dans le détroit d'Ormuz, que Téhéran tente de contrôler.
Réactions politiques et diplomatiques
Quelques heures avant les dernières frappes américaines, le président Donald Trump avait qualifié de « perte de temps » toute nouvelle discussion sur un accord de paix à long terme. De son côté, le négociateur en chef iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, avait averti : « Frappez, et vous serez frappés. » Toutefois, en regagnant Washington, M. Trump a déclaré que l'Iran l'avait appelé parce qu'ils « veulent tellement conclure un accord » — une affirmation que Téhéran n'a pas confirmée.
Conséquences économiques
Les marchés pétroliers restent sous tension. Le brut Brent, référence internationale, s'échangeait autour de 78 dollars le baril le 9 juillet, en baisse par rapport à son pic enregistré pendant la guerre, mais au-dessus du niveau d'avant le conflit, qui avoisinait 72 dollars.
Le deuil national en Iran
Les funérailles de l'ayatollah Khamenei, tué au début de la guerre lors de frappes américano-israéliennes, ont pris du retard. Initialement prévu le 9 juillet à Machhad, l'enterrement a été reporté de plusieurs heures en raison de l'affluence massive de centaines de milliers de personnes dans les villes irakiennes de Nadjaf et Kerbala lors de la procession du 8 juillet, ont expliqué les autorités iraniennes. Ces cérémonies, minutieusement orchestrées dans plusieurs cités, visent à projeter une image d'unité nationale et de défi face aux ennemis de l'Iran.