Les forces armées iraniennes ont annoncé, mercredi 8 juillet, avoir lancé des attaques contre des sites militaires américains situés au Bahreïn et au Koweït. Cette action est présentée comme une réponse aux frappes aériennes menées la veille par les États-Unis contre plusieurs cibles en Iran. Selon un communiqué des Gardiens de la révolution iraniens, 85 positions américaines ont été visées dans les deux pays, et un drone de type MQ-9 appartenant à l’armée américaine aurait été abattu au cours de l’opération.
L’escalade intervient après que le Pentagone a justifié ses bombardements comme une riposte à des attaques iraniennes contre trois navires commerciaux dans le détroit d’Ormuz. Téhéran n’a pas revendiqué ces tirs. Le commandement central de l’armée iranienne a qualifié les frappes américaines d'« acte d’agression flagrant » et a mis en garde Washington contre toute ingérence dans la gestion de cette voie maritime stratégique par l’Iran.
Dans le même temps, le président américain Donald Trump, qui participait à un sommet de l’OTAN à Ankara, a exprimé un pessimisme marqué quant à la survie de l’accord de cessez-le-feu provisoire conclu il y a plus de trois semaines. Interrogé sur l’état de la trêve, il a déclaré : « Pour moi, je pense que c’est fini ». Il a également qualifié les dirigeants iraniens de « fous », tout en se disant ouvert à de nouvelles négociations. Ces propos ont entraîné une hausse de 6 % du prix du pétrole brut, qui a dépassé les 78 dollars le baril, son niveau le plus élevé depuis deux semaines.
L’accord préliminaire avait pour objectif de rouvrir le détroit d’Ormuz – une artère essentielle pour le transport de pétrole et de gaz – et de permettre la poursuite des pourparlers en vue d’une cessation définitive des hostilités. Washington accuse Téhéran de ne pas avoir respecté son engagement de rouvrir la voie maritime, ce que l’Iran dément. Les négociations entre les deux parties avaient été interrompues en raison des funérailles du guide suprême iranien, Ali Khamenei, tué lors de la première journée de l’offensive américano-israélienne contre l’Iran.
Mohammad Bagher Ghalibaf, le président du Parlement iranien et principal négociateur du pays, a accusé mercredi les États-Unis de violations majeures de l’accord préliminaire. Par ailleurs, l’administration Trump a révoqué mardi une dérogation qui permettait la vente de pétrole iranien, une concession importante accordée dans le cadre de la trêve temporaire.
Cette nouvelle escalade militaire et les déclarations des deux camps font craindre un effondrement complet du cessez-le-feu et un retour à un conflit régional de grande ampleur au Moyen-Orient.