Les affrontements entre les États-Unis et l'Iran ont connu une nouvelle escalade, les deux camps revendiquant des attaques contre des cibles militaires adverses au cours des dernières vingt-quatre heures. Cette reprise des hostilités met à rude épreuve le mémorandum d'entente conclu en juin pour prolonger la trêve d'avril et rouvrir progressivement le détroit d'Ormuz à la navigation commerciale.

Jeudi, le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) a annoncé avoir mené des frappes contre des « infrastructures et installations clés » utilisées par l'armée américaine au Koweït et à Bahreïn. Selon le communiqué iranien, les sites visés incluent les bases d'Arifjan et d'Ali Al Salem au Koweït, ainsi que les installations de Juffair et de Sheikh Isa à Bahreïn. L'armée iranienne a par la suite indiqué que ses forces avaient également pris pour cible un système de missiles Patriot au Koweït, une antenne satellite au Qatar et des dépôts de carburant militaires américains à Bahreïn.

Réactions des pays hôtes

Les autorités koweïtiennes ont confirmé l'attaque, le ministère de la Défense précisant que ses systèmes de défense aérienne étaient en train d'intercepter missiles et drones. Le Qatar, de son côté, a émis une alerte de « menace sécuritaire élevée » sans fournir de détails immédiats sur d'éventuels dégâts.

De son côté, le Commandement central des États-Unis (CENTCOM) a indiqué avoir frappé environ 90 cibles militaires iraniennes, parmi lesquelles des sites de stockage de missiles et de drones ainsi que des infrastructures logistiques le long de la côte iranienne. Le président américain Donald Trump a qualifié ces frappes de « représailles » sur son réseau Truth Social, affirmant qu'elles faisaient suite aux bombardements iraniens contre des navires la veille. Il a menacé d'une réponse « bien pire » en cas de nouvelle attaque.

Trump prêt à négocier

Malgré la violence des échanges, le locataire de la Maison-Blanche a laissé entrevoir une possible issue diplomatique. S'exprimant devant des journalistes à bord d'Air Force One lors de son retour du sommet de l'OTAN en Turquie, il a déclaré que la partie iranienne avait « appelé il y a un petit moment » et qu'elle souhaitait « conclure un accord à tout prix ». Ces propos contrastent avec ses déclarations de la veille, où il avait jugé le cessez-le-feu avec l'Iran « terminé ».

Le regain de tensions intervient après une journée déjà marquée par des bombardements américains sur plus de 80 cibles iraniennes en riposte aux attaques de Téhéran contre des navires commerciaux dans le détroit d'Ormuz. Le fragile équilibre instauré par le cessez-le-feu d'avril semble donc compromis, même si les deux parties continuent d'évoquer la possibilité de nouvelles négociations.

Les médiateurs internationaux, qui avaient œuvré à la signature du mémorandum d'entente, pressent les belligérants de respecter leurs engagements. La communauté internationale observe avec inquiétude cette escalade qui pourrait déstabiliser davantage une région déjà volatile et perturber les flux pétroliers mondiaux transitant par le détroit stratégique.