L'économie mondiale affiche une résilience supérieure aux anticipations, malgré la persistance du conflit au Moyen-Orient. Le Fonds monétaire international (FMI) a dévoilé des projections qui, tout en prévoyant un ralentissement par rapport aux années précédentes, témoignent d'un dynamisme inattendu, largement soutenu par l'essor de l'intelligence artificielle (IA) et des technologies de pointe.

L'institution multilatérale table désormais sur une croissance mondiale de 3 % pour l'année en cours. Ce chiffre, inférieur à la moyenne de 3,5 % observée sur la période 2024-2025, est néanmoins supérieur à ce que craignaient les économistes au début du conflit. Les prévisions précédentes, publiées au printemps, envisageaient encore 3,1 % ; la révision à la baisse est donc limitée, ce qui reflète une meilleure capacité d'adaptation de l'économie mondiale au choc géopolitique.

Des tensions inflationnistes persistantes

Les conséquences du conflit sur les marchés de l'énergie restent tangibles. Le FMI estime que les prix du pétrole brut connaîtront une hausse de 32 % en 2026 par rapport à 2025, tandis que ceux du gaz naturel progresseront de 22 % sur la même période. Ces augmentations alimentent des tensions inflationnistes qui ne faiblissent pas : l'inflation globale devrait passer de 4,1 % en 2025 à 4,7 % en 2026, un niveau qui maintient la pression sur les banques centrales.

L'IA, moteur de croissance dans plusieurs économies

Le principal facteur de résistance identifié par le FMI est l'engouement pour l'intelligence artificielle et la bonne tenue des marchés financiers, qui ont partiellement compensé les effets négatifs de la guerre. Cet essor profite en premier lieu aux économies fortement intégrées dans la chaîne de valeur technologique mondiale.

La Corée du Sud illustre ce phénomène de façon spectaculaire : son produit intérieur brut (PIB) a bondi de 7,5 % au premier trimestre, un taux plus de quatre fois supérieur aux 1,8 % anticipés en avril. Cette performance est attribuée principalement aux exportations de semi-conducteurs et d'équipements liés à l'IA. De son côté, la Chine a également dépassé les attentes avec une croissance de 8,1 % sur la même période, tirée par la production manufacturière de haute technologie et les exportations.

États-Unis en soutien, zone euro à la traîne

Aux États-Unis, l'activité a progressé de 2,1 % au premier trimestre, portée par les investissements en équipements et en produits de propriété intellectuelle. Pour l'ensemble de l'année, le FMI prévoit une croissance américaine de 2,3 %.

La zone euro, en revanche, continue de souffrir. L'institution a abaissé sa prévision de 0,2 point par rapport à ses estimations précédentes, pour la fixer à 0,9 % en 2026. L'Allemagne, première économie de la zone, n'enregistrerait qu'une progression de 0,7 %. Les données concernant la France n'étaient pas encore détaillées dans les projections publiées.

Un contexte géopolitique toujours incertain

Le FMI avait fondé ses hypothèses sur un règlement du conflit entre les États-Unis et l'Iran au cours de l'été. Or, la reprise récente des hostilités – avec de nouvelles frappes américaines et une riposte iranienne – rend ces prévisions potentiellement caduques. L'institution multilatérale reconnaît que l'évolution de la situation géopolitique constitue le principal risque pour ses scénarios.

Ainsi, l'économie mondiale se trouve écartelée entre des forces contraires : d'un côté, un choc géopolitique qui pèse sur les prix de l'énergie et l'inflation ; de l'autre, un boom technologique porté par l'IA qui soutient l'investissement et la croissance dans plusieurs régions clés. La suite dépendra largement de l'évolution du conflit au Moyen-Orient et de la capacité des secteurs innovants à maintenir leur dynamisme.