Un courant politique gagne du terrain parmi les jeunes générations, au point d'être jugé comme une menace sérieuse pour l'ordre établi par certains observateurs. Selon une récente analyse, une forme de socialisme propre à la génération Z gagne rapidement en popularité, notamment en Europe et en Amérique du Nord. Ce phénomène, décrit comme un « spectre » par une publication économique de premier plan, est présenté comme un défi urgent pour les défenseurs de l'entreprise privée.

Une idéologie perçue comme un danger

L'hebdomadaire britannique The Economist a consacré sa une et son éditorial du 4 juin 2026 à ce qu'il appelle la montée du socialisme de la génération Z. Dans un texte intitulé « Comment lutter contre le socialisme de la génération Z » (How to fight back against gen Z socialism), la rédaction appelle à une vigilance accrue. L'éditorial qualifie cette nouvelle idéologie de « doctrine du moi d'abord » (me-first doctrine), par opposition à un capitalisme présenté comme plus altruiste. Les jeunes socialistes y sont décrits comme ayant adopté un « état d'esprit à somme nulle, où un meilleur résultat ne vient pas de la création mais de la prise ».

La publication a également mis en ligne un podcast le 8 juin 2026, présentant un article lu à haute voix sur ce même thème, renforçant la diffusion de cette analyse auprès d'un public plus large.

Un contexte marqué par les inégalités

Cette alerte intervient dans un contexte social difficile. Aux États-Unis, l'organisation Feeding America rapporte qu'un enfant sur cinq « n'a pas assez à manger ». Ce constat, souligné par des commentateurs, pose la question des priorités : pour certains, l'urgence de lutter contre la faim devrait primer sur celle de combattre une idéologie politique.

L'analyse de The Economist n'est pas isolée. D'autres voix, y compris au sein de la gauche américaine, estiment que le phénomène est réel et qu'il mérite une attention sérieuse. Un éditorialiste du Guardian fait écho à cette inquiétude, tout en critiquant la position du magazine économique, pointant du doigt les intérêts de ses propriétaires. Il est notamment rappelé que le principal actionnaire de The Economist est la société d'investissement Exor, contrôlée par une famille dont les actifs nets s'élèvent à 38 milliards de dollars, et qu'un autre investisseur majeur est l'homme d'affaires canadien Stephen Smith.

Portée du mouvement

Si le phénomène est particulièrement visible dans les pays anglo-saxons, il semble également gagner l'Europe. Les jeunes seraient de plus en plus nombreux à se tourner vers des idées socialistes, en réaction à la crise du logement, à la précarité de l'emploi et aux inégalités croissantes. Ce mouvement, souvent porté par les réseaux sociaux, remet en cause les fondements du capitalisme libéral.

Les réponses politiques à cette tendance restent à définir. L'appel à « résister » lancé par The Economist pourrait trouver un écho dans certains cercles conservateurs et libéraux, mais les solutions concrètes sont encore floues. La question centrale, pour les observateurs, est de savoir si les gouvernements et les institutions économiques parviendront à répondre aux aspirations de cette génération sans recourir à des mesures répressives ou à un simple déni du phénomène.

Le débat est désormais lancé, et la montée du socialisme de la génération Z s'annonce comme l'un des enjeux politiques majeurs des années à venir.