La Banque européenne pour la reconstruction et le développement (Berd) alerte sur un déséquilibre majeur : l'Europe paie son énergie jusqu'à six fois plus cher que les États-Unis. Cette situation, exposée dans un récent rapport, fragilise l'industrie européenne et creuse l'écart de compétitivité avec ses concurrents directs, Pékin et Washington. Les économies d'Europe centrale et de l'Est, particulièrement dépendantes du secteur manufacturier, sont les premières touchées.

Des coûts qui pénalisent l'industrie

Ce différentiel de prix de l'énergie, qui peut atteindre un facteur six, place les entreprises européennes dans une position délicate sur le marché mondial. Alors que les États-Unis bénéficient de ressources énergétiques abondantes et moins coûteuses, notamment grâce au gaz de schiste, les pays européens subissent des tarifs élevés qui grèvent leurs coûts de production. La Berd souligne que cet écart nuit à la compétitivité industrielle du Vieux Continent, déjà mise à l'épreuve par les tensions géopolitiques et la guerre en Iran, qui accentue la volatilité des marchés énergétiques.

Un coup dur pour l'Europe centrale et de l'Est

Les pays d'Europe centrale et de l'Est, dont les économies sont fortement tournées vers l'industrie manufacturière, sont particulièrement exposés à cette facture énergétique élevée. Ces nations, qui accueillent de nombreuses usines et chaînes de production, voient leur attractivité diminuer face à des régions où l'énergie est moins chère. La Berd met en garde contre un risque de délocalisation ou de ralentissement des investissements dans cette zone, déjà affectée par l'inflation et les incertitudes liées au conflit iranien.

Conséquences géopolitiques et économiques

L'alerte de la Berd intervient dans un contexte de guerre en Iran, qui perturbe les approvisionnements mondiaux en hydrocarbures et fait grimper les prix. L'Europe, moins autosuffisante que les États-Unis en matière énergétique, subit de plein fouet ces tensions. Cet écart de compétitivité pourrait également affaiblir la position de l'Union européenne dans les négociations commerciales et industrielles avec des partenaires comme la Chine et les États-Unis, qui disposent de coûts énergétiques plus avantageux.