Des images jusque-là non divulguées montrent les conséquences dévastatrices de l'incendie qui a frappé l'USS Gerald Ford, le plus récent et le plus imposant porte-avions à propulsion nucléaire de l'US Navy. Le feu, qui s'est déclaré en mars alors que le bâtiment naviguait en mer Rouge dans le cadre d'un déploiement au Moyen-Orient, a nécessité plus de trente heures d'efforts avant d'être maîtrisé par l'équipage.
Un foyer initial dans une buanderie
Selon les informations fournies par la marine américaine, l'incendie a pris naissance dans le conduit de ventilation d'un sèche-linge situé dans la buanderie du navire. Les flammes se sont rapidement propagées à plusieurs zones destinées au logement des marins, détruisant notamment des cabines et des espaces de repos. Les images diffusées montrent des couchettes entièrement calcinées, réduites à des carcasses métalliques tordues et noircies par la chaleur.
Plus de six cents membres d'équipage ont perdu leur couchette et leurs effets personnels dans le sinistre. Deux marins ont été blessés, et plusieurs autres ont souffert d'intoxication par les fumées. L'un d'eux a confié aux enquêteurs avoir craint que le navire ne soit entièrement perdu.
Un système anti-incendie défaillant
L'intervention contre le feu a été compliquée par le dysfonctionnement du système anti-incendie à bord. En l'absence de ce dispositif automatique, de nombreux membres d'équipage ont dû participer directement à la lutte contre les flammes, dans des conditions jugées particulièrement éprouvantes par les témoignages recueillis.
La propulsion nucléaire du bâtiment, en revanche, n'a pas été endommagée par l'incendie, ce qui a évité une catastrophe de plus grande ampleur. Le navire reste néanmoins immobilisé, et les réparations sont estimées à une durée supérieure à un an.
D'autres incidents techniques durant la mission
Au-delà de cet incendie majeur, l'USS Gerald Ford a connu d'autres problèmes techniques au cours de son déploiement. Des difficultés liées à l'évacuation des eaux usées ont notamment dégradé les conditions de vie à bord pour l'équipage, selon les informations disponibles.
Mis en service en 2017 pour un coût total estimé à treize milliards de dollars, l'USS Gerald Ford est le navire amiral de la classe du même nom, conçue pour remplacer les anciens porte-avions de la classe Nimitz. Il peut embarquer plus de 4 500 personnes et jusqu'à 75 aéronefs.
Un impact sur la disponibilité opérationnelle
L'immobilisation prolongée du porte-avions, qui devait rester plusieurs mois en cale sèche pour les réparations, représente un défi pour la marine américaine, qui doit maintenir une présence navale dans plusieurs zones stratégiques du globe, notamment au Moyen-Orient. Les autorités n'ont pas encore communiqué de calendrier précis pour le retour en service du bâtiment.