Invectives devant le Conseil de sécurité
L'Inde a vivement critiqué le Pakistan lors d'une réunion du Conseil de sécurité des Nations unies, dénonçant une directive officielle d'Islamabad enjoignant à ses agences gouvernementales de désigner les groupes militants opérant sur son sol sous le vocable « Fitna al Hindustan ». Le représentant permanent indien, Harish Parvathaneni, a qualifié cette mesure de « propagande et désinformation parrainées par l'État, enveloppées dans une terminologie religieuse ».
« C'est le produit d'une usine à haine organisée, issue de l'État profond pakistanais, dont le but est de maintenir ses citoyens dans un état d'hostilité permanente avec l'Inde », a-t-il ajouté devant l'assemblée. Selon les informations disponibles, le gouvernement pakistanais a officialisé cette appellation dès 2025 pour tous les groupes et organisations qualifiés de terroristes présents dans la province du Baloutchistan.
Condamnation des frappes en Afghanistan
Parallèlement à cette querelle sémantique, New Delhi a fermement condamné la campagne de frappes aériennes menées par l'armée pakistanaise contre le territoire afghan. M. Parvathaneni a dénoncé une « attaque flagrante » contre la souveraineté de l'Afghanistan. « Habiller un massacre en opération militaire n'absout pas le responsable », a-t-il déclaré, avant d'ajouter : « Tuer, mutiler et rendre orphelins des civils n'est pas du contre-terrorisme. »
Les bilans évoqués font état de près de 400 personnes tuées en Afghanistan durant les trois premiers mois de l'année 2026. La représentante indienne à l'ONU avait par ailleurs qualifié ces frappes de « massacre ». Ces frappes visent, selon plusieurs sources, des groupes armés que le Pakistan considère comme une menace, mais la communauté internationale s'interroge sur leur impact humanitaire.
Un contexte de tensions régionales
Cette passe d'armes diplomatique s'inscrit dans un climat de défiance persistant entre les deux puissances nucléaires sud-asiatiques. L'Inde accuse régulièrement son voisin de soutenir des groupes armés opérant au Cachemire indien. La nouvelle directive pakistanaise — utilisant le terme « Fitna », qui renvoie à la notion de discorde ou de sédition dans l'islam — est perçue à New Delhi comme un outil de propagande destiné à diaboliser l'Inde et à légitimer des actions militaires à l'intérieur et à l'extérieur de ses frontières.
Réactions et suites
Harish Parvathaneni a également souligné que ces instructions officielles constituaient un exemple de « désinformation institutionnalisée ». L'Inde a de nouveau appelé la communauté internationale à faire pression sur le Pakistan pour qu'il cesse ce qu'elle considère comme une politique d'hostilité systématique. Aucune réponse officielle d'Islamabad n'a été rapportée dans l'immédiat à l'issue de cette intervention indienne au Conseil de sécurité.