Les tensions entre l'Inde et le Pakistan connaissent un nouveau chapitre, cette fois autour de la ressource hydrique. New Delhi a annoncé son intention de cesser l'écoulement des eaux des fleuves qui traversent son territoire pour se jeter chez son voisin pakistanais. La déclaration, rapportée par les autorités indiennes, a provoqué une réaction immédiate d'Islamabad, qui a qualifié cette mesure potentielle d'«acte de guerre».
«Plus une goutte d'eau ne coulera dans les années qui viennent», a affirmé un responsable indien, confirmant ainsi des menaces proférées par le passé. Cette décision, si elle était mise en œuvre, affecterait directement plusieurs fleuves, dont l'Indus, le Sutlej, le Chenab et le Jhelum, qui prennent leur source en Inde et alimentent des régions agricoles stratégiques du Pakistan.
Des implications agricoles et humanitaires majeures
Le Pakistan, dont l'économie repose en grande partie sur l'irrigation issue de ces cours d'eau, a exprimé son inquiétude face à cette annonce. Le gouvernement d'Islamabad a déclaré qu'il considérerait toute modification du débit des fleuves comme un acte hostile, avec les conséquences que cela implique. Les zones touchées seraient particulièrement le Pendjab pakistanais, grenier à blé du pays, et la province du Sind, où l'agriculture dépend fortement de l'eau de l'Indus.
Cette menace intervient dans un contexte de relations déjà tendues entre les deux puissances nucléaires, qui se sont affrontées à plusieurs reprises depuis la partition du sous-continent indien en 1947. Le partage des eaux est régi par le Traité de l'Indus, signé en 1960 sous l'égide de la Banque mondiale, un accord qui a jusqu'ici permis de gérer les différends hydriques entre les deux pays.
Un précédent inquiétant
L'Inde avait déjà utilisé l'eau comme levier de pression par le passé, notamment en suspendant les réunions de la Commission permanente de l'Indus, mais jamais une telle menace de coupure totale n'avait été formulée aussi clairement. Les experts estiment que cette décision pourrait entraîner une grave crise humanitaire au Pakistan, où des millions de personnes dépendent de ces fleuves pour leur approvisionnement en eau potable et pour l'irrigation.
Islamabad a appelé la communauté internationale à intervenir pour dissuader New Delhi de passer à l'acte, dénonçant ce qu'il considère comme une violation du droit international. L'Inde, de son côté, justifie sa position par des préoccupations liées à sa propre sécurité et à la lutte contre le terrorisme, accusant le Pakistan de soutenir des groupes armés opérant au Cachemire.
Vers une escalade diplomatique ?
Les deux pays ont renforcé leur présence militaire le long de la ligne de contrôle, et des observateurs redoutent une escalade. Le Pakistan a prévenu que toute action unilatérale sur les cours d'eau serait considérée comme un casus belli, tandis que l'Inde ne semble pas disposée à revenir sur sa position.
Cette annonce survient alors que les discussions bilatérales étaient déjà au point mort depuis plusieurs années, les deux parties campant sur leurs positions respectives sur le dossier du Cachemire. La communauté internationale, de son côté, suit la situation avec attention, mais aucune médiation formelle n'a encore été enclenchée.