L'indice des prix à la consommation en France a connu une nouvelle accélération au mois de mai, s'établissant à 2,4 % sur un an, selon les données provisoires publiées par l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee). Après une hausse de 1,7 % en mars et de 2,2 % en avril, cette progression confirme une tendance haussière entamée au printemps.

Un choc énergétique prédominant

Cette poussée inflationniste est largement imputable au rebond des prix de l'énergie. En mai, le tarif de référence du gaz a augmenté de plus de 15 %, en lien avec la flambée des cours mondiaux provoquée par le conflit au Moyen-Orient. La guerre en Iran, qui perturbe les approvisionnements pétroliers, continue de se répercuter sur les factures des ménages français. Sur un mois, l'évolution des prix à la consommation atteint 0,1 %, après un bond de 1 % en avril.

Services et biens manufacturés en légère progression

Au-delà de l'énergie, d'autres composantes de l'indice participent à cette accélération. Les prix des biens manufacturés ont légèrement augmenté, tandis que ceux des services affichent une hausse de 2 % sur un an. Ces évolutions, bien que plus modérées que celle de l'énergie, contribuent à alimenter la pression sur le pouvoir d'achat.

Un contexte macroéconomique tendu

Cette remontée de l'inflation s'inscrit dans un environnement économique déjà fragilisé par les tensions géopolitiques. Le moral des ménages français a récemment atteint son plus bas niveau en trois ans, selon des enquêtes de conjoncture.Pour faire face à la hausse des prix des carburants, le gouvernement a mis en place une aide ciblée de 100 euros destinée aux grands rouleurs. Toutefois, l'impact de ces mesures sur l'indice global des prix reste à mesurer.

Perspectives et vigilance

Les chiffres de mai confirment les prévisions de l'Insee, qui anticipait une économie « percutée » par la guerre en Iran, avec une inflation en hausse et une croissance ralentie. La question de la durée de ce cycle inflationniste demeure centrale pour les autorités monétaires et budgétaires, alors que la Banque centrale européenne surveille de près les évolutions des prix dans la zone euro.