La République islamique d'Iran a balayé l'offre de dialogue lancée par le président américain Donald Trump. Ce dernier s'était dit prêt, ces derniers jours, à rencontrer le guide suprême iranien Mojtaba Khamenei, une main tendue que les autorités de Téhéran ont jugée ce jeudi 5 juin « irréaliste ».

« Une telle rencontre n'est pas envisageable dans les conditions actuelles », a affirmé un porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, cité par des agences de presse officielles. Les responsables iraniens estiment que les frappes militaires américaines en cours contre des sites militaires iraniens depuis plusieurs semaines rendent tout dialogue bilatéral impossible. Le guide suprême lui-même n'a pour l'heure pas commenté publiquement l'initiative américaine.

Une proposition américaine sans suite

Mercredi 4 juin, Donald Trump avait déclaré lors d'une intervention publique qu'il était « prêt à rencontrer le guide suprême iranien n'importe où, n'importe quand », ajoutant que les États-Unis ne cherchaient pas un changement de régime mais une « paix durable ». Il avait également précisé que son administration poursuivrait les pressions économiques et militaires tant que Téhéran n'accepterait pas de négocier sur son programme nucléaire et balistique.

La réponse iranienne est sans équivoque : les responsables politiques et religieux du pays considèrent que toute discussion avec Washington serait une « capitulation » et une reconnaissance de la légitimité des sanctions et des raids aériens américains. L'ayatollah Ahmad Khatami, membre influent de l'Assemblée des experts, avait déjà qualifié l'offre de Trump d'« hypocrite » et d'« inacceptable » dans une prière du vendredi précédente.

Un contexte de guerre larvée

Les relations entre les deux pays sont au plus bas depuis le retrait américain de l'accord nucléaire en 2018 et la reprise des frappes américaines en Iran au printemps 2026. Les bombardements ciblés contre des installations militaires et scientifiques iraniennes ont provoqué une escalade verbale et militaire, chaque camp menaçant de représailles plus massives.

Dans ce climat, la proposition de rencontre de Donald Trump est perçue par une partie de l'opinion internationale comme une tentative de désamorcer la crise, mais aussi comme un geste opportuniste à quelques mois des élections de mi-mandat aux États-Unis. De son côté, l'Iran exige d'abord un cessez-le-feu et la levée des sanctions avant d'envisager toute négociation directe.

Une fin de non-recevoir sans surprise

Pour les analystes, cette fin de non-recevoir était prévisible. Le guide suprême iranien a toujours refusé tout contact direct avec les dirigeants américains, à l'exception de brèves interactions informelles lors de sommets multilatéraux. La nouvelle direction iranienne, incarnée par Mojtaba Khamenei, successeur de l'ancien guide Ali Khamenei, maintient cette ligne de défiance radicale.

La porte reste toutefois entrebâillée du côté américain. Un conseiller de la Maison-Blanche a indiqué que « le président ne ferme aucune porte et espère que la raison finira par l'emporter à Téhéran ». Mais en l'absence de signal concret de la part de l'Iran, le statu quo militaire devrait se prolonger dans l'immédiat.