Téhéran a mis fin aux pourparlers indirects avec Washington, une décision annoncée ce lundi 1er juin comme une riposte à l'intensification des opérations militaires israéliennes au Liban. Les autorités iraniennes justifient cette suspension par la progression des troupes israéliennes en territoire libanais et les frappes sur la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah.
Signaux contradictoires de la Maison-Blanche
Le président américain Donald Trump a tenu des propos discordants au cours de la journée. Interrogé sur l'arrêt des discussions avec l'Iran, il a d'abord déclaré « ne pas s'en soucier le moins du monde ». Quelques heures plus tard, il a affirmé sur les réseaux sociaux que les négociations se poursuivaient « à un rythme rapide ». Dans un autre message, il a assuré qu'Israël et le Hezbollah avaient accepté de cesser mutuellement leurs attaques, sans fournir de précisions.
Le locataire de la Maison-Blanche a également indiqué avoir eu un « entretien très productif » avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, au cours duquel il aurait obtenu que « aucune troupe n'ira à Beyrouth » et que les forces en route aient déjà « fait demi-tour ». Ces affirmations n'ont pas été confirmées par des sources indépendantes et surviennent alors qu'Israël avait menacé de nouvelles frappes sur la capitale libanaise.
Conseil de sécurité en urgence
Face à l'escalade, le Conseil de sécurité des Nations unies a convoqué une réunion d'urgence lundi soir à New York. Le porte-parole du secrétaire général António Guterres, Stephane Dujarric, a exprimé une « profonde inquiétude face à l'escalade des activités militaires dans le sud du Liban et au-delà », appelant toutes les parties à « respecter la cessation des hostilités et à éviter toute nouvelle escalade ».
Cette session intervient alors que le Liban et Israël doivent entamer mardi un quatrième cycle de négociations directes sous médiation américaine.
Situation militaire tendue sur le terrain
L'armée israélienne a ordonné l'évacuation des habitants de Dahieh, la banlieue sud de Beyrouth, fief du Hezbollah. Les troupes israéliennes se sont enfoncées plus profondément au Liban et se sont emparées d'un château stratégique durant le week-end. Des frappes aériennes ont visé des dizaines de localités dans le sud du pays, endommageant notamment un hôpital à Tyr, selon des sources libanaises.
Le Hezbollah, de son côté, a poursuivi ses tirs contre les soldats israéliens stationnés dans le sud du Liban et dans le nord d'Israël.
Contexte d'une diplomatie fragile
Ces événements surviennent dans le prolongement de tensions régionales plus larges. L'Iran, soutien du Hezbollah et de groupes armés dans la région, conditionnait jusqu'à présent la poursuite des discussions à un arrêt des opérations israéliennes. La décision de Téhéran de suspendre les pourparlers avec Washington marque une rupture nette, au moment où les États-Unis tentaient de maintenir un canal de dialogue.
Les déclarations contradictoires de Donald Trump compliquent la lecture de la position américaine. Alors que le président évoque des progrès diplomatiques, la réalité des affrontements sur le terrain invite à la prudence. Aucune confirmation officielle n'a été apportée par Israël ou le Hezbollah quant à un accord de désescalade.