L'Irlande assure depuis ce mercredi la présidence tournante du Conseil de l'Union européenne, fonction qu'elle occupera jusqu'au 31 décembre 2026. Le pays, membre de l'UE depuis 1973, entend jouer un rôle de médiateur dans un contexte marqué par des chantiers majeurs : compétitivité, sécurité, soutien à l'Ukraine et négociations sur le prochain cadre financier pluriannuel.

Le gouvernement irlandais a placé ce mandat sous le slogan « la force dans l’unité ». Il s'inscrit dans un trio de présidences associant la Lituanie et la Grèce, afin d'assurer une continuité politique sur une période de dix-huit mois. Trois priorités ont été fixées : renforcer la compétitivité de l'économie européenne, garantir la sécurité du continent et promouvoir ses valeurs.

Le chef du gouvernement irlandais, Micheál Martin, a déclaré dans une tribune que « la présidence irlandaise du conseil de l'UE œuvrera pour tous les Européens », soulignant la volonté de son pays de servir l'intérêt commun.

Un agenda économique et numérique chargé

L'Irlande s'appuiera sur la feuille de route « Une Europe, un marché », adoptée par les institutions européennes en avril dernier. Ce texte vise à simplifier la réglementation, lever les obstacles au sein du marché unique, réduire les coûts de l'énergie et accélérer la transition numérique. Le numérique constitue l'un des axes forts de cette présidence : Dublin entend stimuler la compétitivité dans le domaine de l'intelligence artificielle tout en renforçant la protection des citoyens, en particulier celle des enfants. Une proposition d'âge de la majorité numérique, assortie de mesures de vérification, devrait être mise sur la table.

Le budget 2028-2034, dossier le plus sensible

Le futur cadre financier pluriannuel couvrant la période 2028-2034 est considéré comme le dossier le plus délicat. La présidence irlandaise devra tenter de rapprocher les positions des Vingt-Sept sur cette enveloppe destinée à financer les priorités stratégiques de l'Union. Les discussions s'annoncent particulièrement tendues, notamment autour de la politique agricole commune et des fonds de cohésion.

Sécurité, Ukraine et Gaza

Sur le plan géopolitique, Dublin entend maintenir le soutien à l'Ukraine et faire progresser les dossiers liés à la défense européenne. Par ailleurs, le gouvernement irlandais souhaite que la question de Gaza reste au centre des échanges entre États membres, plaidant depuis plusieurs mois pour une position plus ferme de l'UE vis-à-vis d'Israël.

L'Irlande, qui ne dispose pas d'armée nationale de grande envergure, mise sur son rôle de diplomate et de coordinateur pour faire avancer ces sujets dans une Union européenne confrontée à des divisions internes et à des crises multiples.