Historique. Pour la première fois, l’énergie solaire a fourni davantage d’électricité que le charbon aux États-Unis. Au mois de mai, la part du solaire dans le réseau électrique du pays a atteint 12,8 %, tandis que celle du charbon s’est établie à 12,2 %, selon des chiffres diffusés par le groupe de réflexion énergétique Ember, ainsi que par un rapport conjoint de la Solar Energy Industries Association (Seia) et du cabinet d’analyse Wood Mackenzie.

Un basculement inédit

Ce seuil a été franchi alors que le gouvernement fédéral mène une politique de relance du charbon au détriment des énergies propres. Malgré ces orientations, l’essor du solaire se confirme et il constitue désormais la première source de nouvelles capacités électriques aux États-Unis.

« Pendant des années, la part du solaire dans le mix électrique américain a augmenté, a expliqué Nicolas Fulghum, analyste principal des données énergétiques chez Ember. Dans le même temps, le charbon a perdu son statut, d’abord en tant que première source du pays, puis, progressivement, a continué son déclin. »

En mai, l’énergie solaire est également devenue la troisième source d’électricité du pays, derrière le gaz naturel et le nucléaire. La production à partir du charbon avait atteint un plus bas mensuel historique en avril, et elle n’a que faiblement rebondi le mois suivant, ce qui a permis à la production solaire, en croissance, de la dépasser.

Contexte énergétique et climatique

La production d’électricité repose sur la conversion de différentes sources d’énergie — fossiles, renouvelables et nucléaire — en puissance électrique. La combustion du charbon, du pétrole et du gaz naturel émet du dioxyde de carbone, un gaz à effet de serre qui piège la chaleur dans l’atmosphère et contribue au réchauffement de la planète. À l’inverse, les filières solaire, éolienne, géothermique, hydraulique et nucléaire sont dépourvues d’émissions de carbone.

Après environ deux décennies de stagnation relative, le charbon poursuit donc son recul structurel dans le bouquet énergétique américain. Le nouveau record du solaire confirme une tendance de fond, observée ailleurs dans le monde, vers une transition énergétique accélérée, portée par la baisse des coûts des technologies renouvelables et par des objectifs climatiques.

Perspectives

Les experts estiment que ce dépassement, intervenu malgré un contexte politique favorable aux énergies fossiles, illustre la dynamique irréversible du déploiement solaire. L’administration américaine actuelle soutient le charbon, mais les forces de marché et les avancées technologiques semblent contrecarrer ces efforts, du moins au niveau de la production d’électricité.

La suite de l’année montrera si cette tendance se confirme sur une base plus durable, au-delà du seul mois de mai, traditionnellement favorable au solaire en raison de l’allongement de la durée d’ensoleillement. Les prochains bilans mensuels d’Ember et de l’Agence américaine d’information sur l’énergie devraient apporter des éléments de réponse.